La 22e Marche des Fiertés de Metz s’est tenue ce samedi 13 juin dans un contexte particulier, marqué par la mort de Noahm. Le jeune homme de 19 ans avait été victime d’une agression place de la République le 30 mai et est décédé le 2 juin dernier.
C’est dans un silence assourdissant que s’ouvre la 22e Marche des Fiertés de Metz. Une minute de silence est observée en hommage à Noahm, 19 ans, décédé après avoir été victime d’une agression homophobe dans la nuit du 30 au 31 mai dernier, ici même, sur l’esplanade de la République. « On a perdu quelqu’un de notre communauté, on a perdu quelqu’un de notre famille. On voit que toutes ces personnes derrière nous, qui sont différentes, issues de catégories différentes, d’autres cultures, sont toutes réunies ici et marchent pour la même cause », confie Nabil, un cousin de Noahm. Dans les rangs, Mylène a elle aussi tenu à rendre hommage au jeune homme de 19 ans : « On a mal au cœur, en fait. On se dit qu’en 2026, on n’a toujours pas avancé, qu’on reste sur place. »
Pour Frédéric Bauer, président de l’association Couleurs Gaies, « ce n’est pas le premier meurtre homophobe à Metz. Malheureusement, ce n’est pas non plus un cas isolé : cela arrive dans d’autres villes. Le contexte politique actuel est particulier, fragmenté. Les gens ont tendance au repli sur soi. Ces temps de repli ne permettent pas aux personnes différentes de progresser sereinement, de vivre sereinement dans la rue. »
Metz, une ville queer-friendly ?
Dans le cortège de 4 500 personnes, les pancartes et messages de soutien en hommage au jeune homme sont nombreux. Un drame qui rappelle que les violences homophobes restent une réalité. Selon le ministre de l’Intérieur, les infractions anti-LGBT ont augmenté de 2 % entre 2024 et 2025. « C’est vrai qu’à Metz, j’ai l’impression que c’est vachement queer-friendly. Il y a beaucoup de cafés, beaucoup d’endroits où c’est très ouvert. Je ne me suis jamais sentie en danger par rapport à qui j’étais, ce qui peut parfois poser problème dans d’autres villes. Peu importe comment on sort, avec qui on est dans la rue, on peut tenir la main des gens qu’on aime sans se faire juger. Ça, c’est vraiment cool », constate Mégane.
Quelques mètres plus loin, Étienne est, lui, plus mitigé sur le sujet : « Metz, ce n’est pas du tout une ville queer-friendly. J’ai vu et connu malheureusement beaucoup d’amis à moi qui ont été victimes d’homophobie ici à Metz, place de la République. Tout ça parce qu’ils existent simplement. » Un constat partagé par Lila-Anne, qui a été victime d’homophobie : « C’est tellement partagé… mais j’ai envie de dire que oui, Metz sera queer-friendly à un moment ou à un autre. » Au-delà des paillettes et des drapeaux arc-en-ciel, la Marche des Fiertés s’impose encore en 2026 comme un rendez-vous essentiel pour défendre les droits LGBT et combattre les discriminations.



