Lucie Granier : « j’avais le souhait de franchir un cap dans ma carrière »

Lucie Granier est la première recrue de Metz Handball pour la saison 2023/2024. L’ailière droite, internationale Française évoluant actuellement à Besançon, s’est engagée pour une saison plus une en option en Moselle. Elle a accordé à Moselle TV et à Dragonnes Mag sa première interview.

Lucie, nous sommes à Besançon mais tu t’es engagée à Metz Handball pour la saison prochaine. Que peux tu nous dire à propos de ce choix ?
J’avais le souhait de partir vers de nouvelle aventures, de découvrir la ligue des champions. Quand Metz m’a contacté, c’était la situation idéale.

Signer à Metz c’était un rêve de petite fille ?
Petite j’étais dans tous les sports donc je n’avais pas vraiment ces considérations. Mais aujourd’hui je sais l’importance que ça a. La régularité des résultats de ce club c’est quelque chose de rassurant et qui donne envie d’en faire partie. Encore une fois, la Champions League attire les joueuses comme moi. J’ai eu la chance d’avoir la coupe d’Europe mais jamais le graal des compétitions internationales.

Quand a été prise la décision de signer ? Avant l’Euro ? Pendant ? Après ?
Ça s’est fait pendant l’Euro. J’ai eu les propositions juste avant et c’était un peu compliqué parceque je voulais être focus sur la compétition et avoir des résultats mais les clubs doivent se construire aussi pour la saison prochaine. C’était compliqué.
Mais j’ai échangé avec les autres joueuses, qu’elles aient eu l’expérience de Metz Handball ou pas pendant l’Euro.

Tu as peut être eu un échange particulier avec Chloé Valentini, ton ancienne coéquipière à Besançon.
Forcément ! Je l’apprécie beaucoup, elle m’a confié son expérience mais elle ne m’a pas dit « viens ! » ou « ne viens pas ! ». Elle sais que le choix revient à la joueuse et que ce n’est jamais quelque chose d’évident.

C’est ton amie mais lors du dernier Metz – Besançon il n’y a pas eu de cadeau…
Jouer Metz c’est compliqué. Ça va vite, c’est fort et les individualités sont un cran au dessus. On a rien lâché mais c’est compliqué de bloquer des contre attaques de Chloé ou des gardiennes qui nous sortent tous les ballons. C’était dur, mais Besançon est une équipe qui ne lâche rien et on a essayé de tout donner mais ça n’a pas suffi.

Est-ce que tu as discuté avec Emmanuel Mayonnade ? Beaucoup de joueuses confient venir à Metz pour collaborer avec lui.
Oui, je l’ai eu au téléphone avant l’Euro. Il m’a présenté le projet mais aussi la ville, parceque c’est important de savoir dans quoi on met les pieds, le club, l’histoire… Mais Manu est un critère qui m’a motivé à venir bien sûr, c’est un très bon entraîneur et j’ai envie d’apprendre sous ses méthodes. J’ai hâte de voir comment ça va se passer et les relations professionnelles que l’on pourra développer.

Ce contrat de deux ans signifie que tu seras à Metz jusqu’aux Jeux Olympiques 2024, j’imagine qu’il y a l’envie de te donner toutes les chances d’y participer.
Bien sûr. C’est un rêve, une échéance très importante et je pense aujourd’hui que venir à Metz Handball est une oportunité de grandir en tant que joueuse et enrichir mon panel de compétences. J’estime que c’est le choix le plus raisonnable mais le plus difficile aussi puisque cela signifie changer de rythme, jouer tous les trois jours, travailler encore plus… Mais j’ai hâte et c’est vers ça que je veux tendre.

Aux Arènes il y a un observateur un peu particulier : Olivier Krumbholz. Est-ce que tu as évoqué cette signature à Metz Handball avec lui ?
J’en ai discuté avec lui, pas longtemps, mais il ne m’a pas aiguillée parceque je veux être maître de mes décisions mais on a évoqué les possibilités que j’avais. Il m’a dit d’évaluer les « pour » et les « contre » et de faire un choix qui me convienne.

Finalement c’est une forme de progression linéaire pour toi. Tu es passée par le centre de formation de Plan de Cuques, avant de venir à Besançon puis de signer à Metz, tout ça est assez logique.
Disons que je vais de plus en plus au nord. Je ne sais pas où je vais finir dans trois ans !
Je pense surtout que c’était important de changer. Après 8 ans à Plan de Cuques, 6 ans à Besançon c’était le moment de franchir un cap dans ma carrière.

Tu aurais pu signer à Metz Handball bien plus tôt, après le pôle espoir de Plan de Cuques tu avais le choix entre Besançon et Metz et le choix s’était porté sur le premier parce que tu trouvais qu’il y avait un côté plus familial.
Oui, la transition a été parfaite. Finalement Besançon c’est un grand club formateur et sans ce club je n’aurais pas pu accéder à Metz dans ce cadre là aujourd’hui, à 18 mois des JO.
Je remercie d’ailleurs Besançon de m’avoir formé pendant ces années et il est temps pour moi d’aller à Metz. J’ai la chance d’avoir été appelée.
Je ne regrette pas mon choix d’être allé en centre de formation parce que ça m’a permis d’avoir le bagage pour assumer un club comme Metz. Je sais que ça ne sera pas facile, qu’il faudra beaucoup travailler… et je ne dis pas qu’on ne travaille pas à Besançon attention !

A Metz Handball il y a une exigence de résultats. Le club a terminé troisième de Ligue des Champions l’an passé, est champion de France en titre… Pour le moment tu as de belles médailles avec l’équipe de France mais en club tu n’as malheureusement rien gagné.
Oui et puis au final j’ai eu une très belle médaille d’argent mais aucun titre… Personnellement je joue pour gagner et c’est quelque chose de génial que d’aller dans u, club qui joue pour tout gagner, c’est le plus de Metz. On joue pour gagner mais on fait ce qu’il faut pour être en condition de gagner. J’espère apporter mon petit truc pour, pourquoi pas remporter un titre dès l’année prochaine.

À 23 ans on apprend toujours, dans quel secteur est ce que tu peux encore progresser ?
Dans tout. J’ai été formée mais jouer contre des équipes de niveau un peu plus élevé ça fait progresser, je dois progresser en défense parce que je suis un petit gabarit, je dois progresser en musculation, en course… Je n’ai pas fini de progresser, je pense qu’on progresse toute notre carrière et je ne suis qu’au début.

Tu disais que tu possèdes un petit gabarit, est ce que quelque part le focus sera sur le plan physique pour toi ?
Forcément, c’est quelque chose de primordial dans ma préparation. Mais je ne finirais jamais avec des gros cuisseaux ! J’essaie de jouer sur mes forces, d’être dynamique, de jouer avec la grinta. Ce qui anime un match c’est aussi l’âme d’une équipe, ce qu’on ressent comme énergie. Alors j’essaie de compenser ma taille et mon poids avec l’énergie que je met.

Avec toutes tes saisons à Besançon, on image que plusieurs souvenirs te reviennent. Est ce qu’il y en a un en particulier qui t’a marqué ?
C’était ici au Palais des Sports et on s’était qualifiées pour les poules d’EHF Cup. C’était la première fois pour moi et une grande partie de l’équipe, on s’est sautées dessus en disant « on l’a fait ! ». Pour un club comme Besançon qui a beaucoup de bénévoles et de partenaires qui essaient de nous aider, les budgets du handball féminin ne sont pas exubérants, ça a permis de dire que le sportif était là et qu’il fallait nous suivre. On avait rempli le palais et c’était un moment incroyable.

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