La situation devient préoccupante pour l’association mosellane Les Bouchons de l’Espoir. Les dons ont chuté de près de 70 %, mettant en difficulté ses actions solidaires en faveur des enfants hospitalisés.
Comment expliquez-vous cette baisse importante des dons ?
Paulette Karmann, secrétaire de l’association : « D’après nous, cette baisse est liée à la loi entrée en vigueur il y a deux ans. Elle impose que les bouchons restent attachés aux bouteilles. Du coup, les gens ne prennent plus le temps de les détacher. »
Quelles sont les conséquences concrètes pour votre association ?
« Disons qu’avant, nous récoltions entre 70 et 80 tonnes sur deux ans. Aujourd’hui, nous sommes tombés à 23 tonnes seulement. Cela représente une perte importante de revenus. Or, nous revendons ces bouchons pour financer des actions en faveur des enfants hospitalisés dans la région. »
Pouvez-vous nous donner un exemple d’action menée récemment ?
« Oui. Nous intervenons uniquement pour les enfants. Dernièrement, dans des services d’oncologie à Mercy, Strasbourg ou Nancy, nous avons financé des potences décorées avec des animaux et des couleurs. Les enfants peuvent choisir celle qu’ils préfèrent, ce qui les rassure. Nous avons aussi fourni des lampes musicales et lumineuses. Elles permettent de distraire les enfants lors des soins, comme les prises de sang. »
Comment inverser cette tendance et relancer les dons ?
« Il faut déjà sensibiliser les gens. Arracher un bouchon, le mettre dans un sac et le rapporter, ce n’est pas compliqué. Nous sommes aussi ouverts à toutes les aides, notamment des sponsors. »
« Nous avons besoin de renfort »
Recevez-vous le soutien des collectivités ou des entreprises ?
« Pour l’instant, le soutien vient surtout de particuliers. Quelques entreprises collectent des bouchons pour nous, mais cela reste limité. L’idéal serait que les communes, les écoles et les entreprises s’impliquent davantage. Nous pouvons les accompagner pour mettre en place des collectes. »
Comment fonctionne concrètement la collecte ?
« Nous avons installé des points de collecte un peu partout en Moselle, parfois jusqu’à Thionville ou Moulin-lès-Metz. Les particuliers peuvent y déposer leurs sacs de bouchons. Ensuite, tous les quinze jours, nos bénévoles effectuent une tournée pour récupérer les dons. Au local (à Rouhling) nous trions les matériaux : plastique, liège, métal. Le plastique est recyclé, le liège part au Portugal pour l’isolation, et la ferraille est revendue. »
Au-delà des dons, quelle est la situation comptable des bénévoles ?
« L’association compte aujourd’hui environ 30 membres actifs. Pour le tri, nous avons surtout des retraités. Les séances ont lieu trois fois par semaine, de 14h à 17h, chacun vient quand il veut. L’ambiance est conviviale, mais nous avons besoin de renfort, notamment de jeunes retraités, car certaines tâches sont physiques. Aujourd’hui, ce sont parfois des bénévoles de plus de 75 ans qui s’en chargent. »




