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« Je rêve d’un Rungis mosellan » : le Département veut rapprocher les producteurs locaux des cantines scolaires

Le Département de la Moselle veut développer les circuits courts dans la restauration scolaire. Le projet envisagé : la création d’une plateforme pour centraliser les productions locales et alimenter les cantines des collèges.

Après plusieurs années d’interruption, le Président du Conseil départemental de la Moselle, Patrick Weiten, a repris sa tournée des cantons. Une manière, selon lui, de revenir sur le terrain et de mesurer les évolutions des territoires, alors que « la géographie n’est plus la même », que les communes et les intercommunalités ont changé et que les compétences ont évolué.

C’est dans le canton de Stiring-Wendel que le président du Département de la Moselle a choisi de relancer cette série de visites. Après l’inauguration du nouveau collège Nicolas Untersteller, un investissement de 17 millions d’euros à l’occasion de la rentrée scolaire, il s’est rendu chez un producteur maraîcher installé à Théding.

« Je rêve d’un petit Rungis mosellan »

Depuis plusieurs années, le Département cherche à développer les circuits courts dans les collèges de Moselle. Chaque année, près de 3,5 millions de repas y sont préparés, soit environ 24 000 repas par jour.

Le Département a déjà réussi à structurer certains approvisionnements locaux. C’est notamment le cas pour la viande bovine, majoritairement issue de l’agriculture mosellane, mais aussi pour la « baguette mosellane ». Une baguette fabriquée avec de la farine mosellane. Un dispositif qui, selon Patrick Weiten, permet également d’assurer un volume de commandes régulier aux boulangers.

Mais pour le maraîchage, l’équation est plus complexe. Le problème est avant tout logistique. Un maraîcher, même s’il produit localement et souhaite développer son activité, ne peut pas forcément répondre seul aux besoins de dizaines de collèges répartis sur l’ensemble du territoire. « Il faut un intermédiaire entre le producteur et le consommateur », explique Patrick Weiten. C’est là qu’intervient son idée : créer une structure capable de centraliser les productions agricoles mosellanes avant de les redistribuer vers les établissements. « Je rêve d’un Rungis mosellan », lance-t-il.

Une sorte de plateforme de convergence où les productions des maraîchers et agriculteurs mosellans pourraient être regroupées, stockées puis redistribuées. La structure pourrait également assurer certaines opérations de transformation des produits, comme le lavage, la découpe ou encore le râpage des légumes. L’objectif : permettre aux cuisiniers des collèges de disposer du bon produit, au bon moment et dans le bon établissement.

Une organisation à inventer

Car aujourd’hui, les producteurs travaillent principalement en vente directe ou sur des marchés de proximité. Une organisation difficilement compatible avec les besoins d’une restauration collective qui doit garantir chaque jour les mêmes volumes et les mêmes approvisionnements.

Le Département a donc lancé une étude il y a plusieurs mois afin d’identifier les solutions possibles. Le président compte ensuite poursuivre les discussions avec la Chambre d’agriculture, la Chambre de commerce, les organisations professionnelles et les producteurs. Pour lui, la création d’une telle organisation permettrait donc de répondre à un double objectif : offrir davantage de débouchés aux producteurs locaux et augmenter la part des produits mosellans dans les assiettes.

Après la viande bovine et la baguette mosellane, le Département veut donc désormais passer à l’étape suivante. Et donner, peut-être, une réalité à ce « Rungis mosellan ».

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Marie Vin
Marie Vin
Journaliste Reporter d'Images

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