Après le décès d’une femme de 90 ans dans l’incendie de son appartement lundi, la question des risques domestiques revient au premier plan. D’autant qu’en Moselle, les secours constatent une recrudescence des feux.
Feux d’habitation, de végétation ou encore incendies industriels, les chiffres en 2025 sont préoccupants. La tendance est à la hausse. Invité dans Moselle Info, le Lieutenant-Colonel Gaël Zimmer, sous-directeur en charge de la prévention et de la gestion des interventions au SDIS 57, dresse un état des lieux clair. Sur 77 000 opérations réalisées l’année dernière, environ 5 000 concernaient des incendies. « On est à moins de 10 % de l’activité des sapeurs-pompiers, mais on a effectivement constaté une recrudescence des incendies sur l’année 2025 », explique-t-il. Une hausse qui s’explique en partie par les conditions climatiques. « On a eu une année qui a été un peu plus sèche. Donc on a fait plus de feux de végétation, par exemple. C’est intimement lié aux conditions météo. » En Moselle cependant, les feux de forêt restent rares. On parle davantage de feux de récolte au moment des moissons. Les pompiers travaillent d’ailleurs en lien étroit avec les agriculteurs pour limiter les risques.
À la maison, des causes bien identifiées
Dans les logements, trois grandes origines reviennent régulièrement : l’électricité, les appareils de chauffage et la cuisine. « Il faut vraiment que les gens fassent attention à la manière dont ils utilisent notamment les multiprises. On sait que ça se développe beaucoup dans les appartements parce qu’on a de plus en plus d’appareils électriques », constate le Lieutenant-Colonel. Le conseil est simple : éviter de surcharger les prises. « En général, on préconise de brancher un seul appareil par prise. » Autre outil indispensable, le détecteur de fumée, obligatoire depuis 2015. « Bien souvent, ils sont installés, mais l’entretien n’est pas forcément assuré et notamment le remplacement des piles. » Effectivement, après le déclenchement d’une alarme, les piles sont parfois retirées… et ne retrouvent jamais leur place. Le détecteur de fumée reste pourtant le premier outil indispensable en termes de prévention.
Prévenir dès le plus jeune âge
La prévention passe aussi par la formation. En Moselle, des actions sont menées auprès des collégiens. « On a au niveau des classes de sixième des cadets de la sécurité civile. Ce sont des jeunes âgés de 11 ans qu’on forme pendant un an à la sécurité civile en général et également à la prévention des risques de toute nature. » Pour les adultes, notamment les plus âgés, il n’existe pas de dispositif spécifique. Mais chacun peut se former aux gestes qui sauvent auprès d’associations agréées. Un apprentissage précieux « ce qui permet là aussi de réagir assez rapidement si on retrouve une personne intoxiquée par les fumées d’un incendie par exemple. » Face à des incendies plus nombreux en 2025, les secours mosellans rappellent que quelques gestes simples peuvent éviter le pire. La prévention reste l’affaire de tous.
Retrouvez l’intégralité de l’interview dans Moselle Info du 17 février 2026.


