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Comment la flambée des prix des carburants fragilise les professionnels en Moselle ?

Alors que les autocaristes et routiers manifestent ce lundi 30 mars à Paris pour dénoncer des aides jugées insuffisantes face à la flambée des prix des carburants, en Moselle, transporteurs, auto-écoles et autres professionnels locaux racontent comment cette hausse pèse sur leur quotidien.

Avec une hausse de 40 % des prix du carburant en seulement trois mois, ce transporteur routier situé à Forbach doit désormais faire face à un surcoût de 50 000 euros chaque mois. « On essaie de limiter les kilomètres à vide et les trajets d’approche vers les clients, on sensibilise nos conducteurs pour leur faire baisser un tout petit peu leur vitesse et leur demander d’adopter une conduite un peu plus économique  », explique Philippe Da Soler, directeur de Da Soler.

Face à cette hausse des prix, l’aide exceptionnelle de 50 millions d’euros débloquée par l’État pour le transport routier était vivement attendue. Le directeur de Da Soler confirme : « C’est quelque chose de favorable, on l’a demandée depuis le début de la crise, c’est-à-dire il y a un peu plus de trois semaines. Mais aujourd’hui, c’est relativement flou : on ne sait pas comment elle va s’appliquer. Ils parlent d’une application au cas par cas, aux TPE et PME du secteur, en fonction de leurs difficultés. Je ne sais pas comment ils vont mesurer ces difficultés et ce qui sera réellement fait. » Le dirigeant de la société de transport regrette tout de même que « l’aide allouée pour cette crise soit huit fois inférieure » à celle allouée au moment de la crise de l’Ukraine.

Alors que le prix du carburant explose, aucune aide n’est prévue pour les auto-écoles

Dans cette auto-école messine, la hausse du prix du carburant est aussi au cœur des préoccupations. « Même si 10 centimes d’écart ne représentent pas forcément beaucoup sur un plein, le problème, c’est qu’on a 13 voitures, avec un plein tous les trois jours ; cela chiffre assez vite sur l’année. On essaie de faire attention à trouver le centre le moins cher », détaille Thomas De Sainte Maresville, co-gérant de l’auto-école Sainte-Thérèse.

Chaque leçon coûte plus cher à l’auto-école : 35 centimes par séance, soit près de 900 euros par mois. Et contrairement à d’autres secteurs, les auto-écoles ne bénéficient d’aucune aide de l’État. « Comme nous avons la main sur nos tarifs, nous pouvons augmenter les prix pour compenser cette hausse du carburant. D’un côté, il est compréhensible qu’ils n’aident pas, mais d’un autre côté, cela va diminuer le pouvoir d’achat des clients, car ils paieront plus cher ici à cause de la hausse des prix du carburant », explique le co-gérant. Pour l’instant, cette auto-école maintient ses prix, mais si les tarifs à la pompe continuent d’augmenter dans les prochaines semaines, une hausse pourrait être envisagée.

Retrouvez toute l’actualité du territoire du lundi au vendredi à partir de 18 heures dans l’émission Moselle Info, et rendez-vous sur le site moselle.tv pour visionner nos reportages en replay.

Emma Facchetti
Emma Facchetti
Journaliste Reporter d'Images.

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