Le groupuscule identitaire Aurora Lorraine fait à nouveau parler de lui à Metz. Après une action revendiquée contre le local de campagne de Charlotte Leduc (La France Insoumise), plusieurs associations ont engagé des démarches pour demander sa dissolution. De son côté, le mouvement assure n’avoir « rien à se reprocher » sur le plan judiciaire.
Voilà un nouvel épisode qui ravive les tensions. La semaine dernière, Aurora Lorraine revendiquait une action sur le local de campagne de La France Insoumise à Metz. Une réponse à la mort de Quentin, jeune étudiant identitaire. De quoi attirer, encore, les projecteurs sur le groupuscule d’extrême droite et réveiller les crispations qu’il suscite. À la tête de SOS Racisme Moselle, Jean-Rémy Dushimiyimana rappelle que la mobilisation contre Aurora Lorraine ne date pas d’hier. « En 2023, quand on a créé l’antenne de Metz, c’est suite à leurs actions », explique-t-il, faisant référence au concert de Bilal Hassani, interdit après des menaces.
Aujourd’hui, l’association a officiellement demandé la dissolution de l’organisation auprès du ministère de l’Intérieur. Une démarche également engagée par deux autres structures messines, l’Union des familles laïques de Moselle (UFAL 57) et Couleurs Gaies, même si Jean-Rémy Dushimiyimana précise : « Eux font leurs démarches actuellement. Nous, nous l’avons fait il y a quelques jours. »
« On n’est pas vraiment effrayé »
Face à ces demandes, Aurora Lorraine se dit serein. Son porte-parole, Yohan Tremoureux, affirme ne pas être surpris. « On sait que nos actions sont régulièrement contestées. On n’est pas vraiment effrayé. » Le mouvement met en avant son absence de condamnation depuis sa création. « Depuis quatre ans qu’on existe, aucun de nos militants n’a jamais été condamné pour quoi que ce soit. On est accusé d’être violent, on n’a jamais eu de condamnation pour violence », insiste-t-il, tout en dénonçant une utilisation de « l’appareil judiciaire pour nous mettre une grosse pression ».
En face, SOS Racisme estime que le débat dépasse le seul cadre pénal. « Ce n’est pas parce qu’on n’est pas condamné que ce qu’on fait est bien », souligne son président. L’association évoque des actions « qui peuvent nuire au vivre-ensemble » et « fragiliser encore la société », pointant notamment des affichages et caricatures jugés stigmatisants.
Le débat est désormais posé. Entre liberté d’expression et défense du vivre-ensemble, la question d’une éventuelle dissolution d’Aurora Lorraine pourrait prochainement être examinée par les autorités nationales.
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