Le chocolat reste incontournable pour Pâques, mais son prix ne cesse d’augmenter. Une réalité qui pousse de plus en plus de consommateurs à limiter leurs achats.
Un foyer en consomme un peu plus de 12 kilos par an. Le chocolat, un produit de luxe incontournable à l’approche de Pâques. Dans ce supermarché, les prix peuvent vite s’envoler : jusqu’à 5,53 euros pour une simple tablette, et près de 50 euros pour un œuf en chocolat « Je n’achète pas tous les jours mais tout de même très souvent notamment pour les petits enfants. Mais bon, c’est vrai que les prix, maintenant, ne sont pas très abordables. » raconte une cliente, en train de faire ses courses.
Selon l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, les prix des chocolats ont augmenté de 4 % en un an, et même de 19 % depuis 2024. Une hausse pouvant freiner certains consommateurs, désormais à l’affût de chaque promotion « D’habitude, j’attends les -50 % après Pâques pour que ce soit un peu moins cher, car je trouve que c’est super cher une tablette de chocolat, notamment par rapport à sa taille. Du coup, on n’en achète pas. Ce n’est pas plus mal pour la ligne. » préfère en plaisanter Nadine. De son côté, Murielle avoue avoir une trop grande faiblesse pour cette sucrerie « Le problème, c’est qu’on aime beaucoup le chocolat… Mais c’est vrai, ça a beaucoup augmenté, même à Noël et les autres fêtes, on en achète moins. On fait attention quand même. »
Avant Pâques, le prix du chocolat stagne, le cours du cacao est lui, en baisse
Des prix qui s’expliquent notamment par l’envolée du cours du cacao il y a plusieurs mois. Prenons l’exemple d’une tablette : son prix a suivi la hausse du coût des fèves. Pourtant, depuis près d’un an, il reste stable, alors même que le cacao, lui, repart à la baisse. Alors, pourquoi les prix en magasin ne diminuent-ils pas ? « Il y a toujours à peu près un an, entre neuf mois et un an et demi, de décalage entre la récolte, la post-récolte, les fèves de cacao qui sont récoltées, séchées, et puis la transformation pour le client final. » selon Fabrice Dumay, maître chocolatier mosellan et membre de la Confédération des Chocolatiers et Confiseurs de France. En d’autres termes, le cacao destiné aux fêtes de Pâques pour l’année 2026 a été acheté il y a plusieurs mois, parfois même au moment du pic de l’inflation.
L’an dernier, plusieurs augmentations ont été appliquées par les fournisseurs. Fabrice Dumay en recense neuf au total, dans 22 pays. Résultat : des matières premières en hausse de 30 à 100 %, en raison de mauvaises récoltes en Afrique et d’une bulle spéculative « Il y a des entreprises qui ont fortement augmenté le cacao. C’est plutôt les grandes marques que les artisans. Nous, artisans, on a toujours le respect du client. On sait très bien que certains ont surtout le respect de leur portefeuille, et pas automatiquement du client. Je suis désolé de dire ça, mais… » Pour rester accessible, ce chocolatier avait augmenté ses prix de 10 % l’an dernier. Cette année, il fait un autre choix : ne pas y toucher et rogner sur sa marge.
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