Entre soutiens, alliances ou divisions, les stratégies sont très différentes en fonction des 24 communes où il y aura un second tour, ce dimanche, comme Amnéville.
C’est une surprise à Amnéville que Moselle TV vous révélait mardi. Grégoire Laloux du RN est arrivé en tête face à trois listes, dont celle du maire Eric Munier. Coup de théâtre mardi matin, on apprend que le maire décide de se retirer. Dans la foulée il publie une vidéo qui annonce la fusion avec les deux autres. En coulisses, les autres candidats nous confirment une alliance pour faire barrage et décident finalement de se placer en fin de tableau, en position non éligible. Nouveau rebondissement, c’est la numéro 2 de la liste d’Emmanuel Holtz, Danielle Calcari-Jean, qui est propulsée à la tête de l’union. Elle revient sur cette décision qui a surpris : « Cette alliance, elle est historique quand on connaît les antécédents entre les uns et les autres, qu’ils ont mis de côté pour se rassembler ensemble pour ce deuxième tour », explique la candidate.
Une nouvelle liste composée de 12 personnes de chacune de deux anciennes listes et 11 de la dernière liste, certes, mais surtout une tête de liste qui n’était pas prévue et qui a choqué Grégoire Laloux. « C’est une forme d’écœurement, d’effarement devant cette alliance contre nature, de gens qui se sont combattus, qui se sont parfois calomniés, qui sont d’ailleurs, au moment où nous parlons, pour certains en procès. Et de voir tous ces gens-là s’allier, sans programme, sans cap clair, sans vision pour notre ville, simplement parce qu’ils sont contre, je pense que ça donne une très mauvaise image de la politique. »
« Le RN dans une logique d’appareil »
La tête de liste de la nouvelle liste confirme une alliance qui semble être « contre-nature » mais pour elle, c’est une forme de « responsabilité » qui émane alors de ce choix. « L’objectif était bien de montrer qu’on a su faire fi des griefs pour le bien de la ville, tous unis ensemble (…) L’opposition avec Xavier Dieudonné face au maire, je l’ai vécu de l’intérieur, c’était intense, notre ville était divisée oui, c’est un signal fort cette alliance ». Quant au but de faire un « barrage républicain » face au Rassemblement national : « je n’aime pas cette idée de barrage. Le RN est géré depuis Paris, leur but est d’ajouter des villes au tableau de chasse. C’est une logique d’appareil, il y a une différence entre un parti et des électeurs. Moi, je suis une femme d’Amnéville, j’y suis née, j’y ai toujours vécu, j’ai un ancrage territorial. De l’autre côté, c’est une personne qui est là depuis deux ans. Je peux comprendre la logique du RN au niveau du parti, mais au local ce n’est pas pareil. Le maire d’Amnéville doit représenter tous les habitants, quels qu’ils soient ».
Grégoire Laloux, en tête avec plus de 35% au premier tour, estime que la ville restera fracturée après l’élection, si les habitants votent pour cette liste. « Nous avons des SMS de ces candidats, nous avons des audios de ces candidats qui martèlent ne pas vouloir faire de fusion et justement déplorant le principe même de la fusion. Tout cela est un assemblage très improbable qui sera rongé par la division », explique le candidat RN qui estime que le choix a été « imposé par des personnes de l’extérieur d’Amnéville ». Danielle Calcari-Jean, ancienne adjointe d’Eric Munier et conseillère départementale du canton de Rombas, le confirme : « on peut être en désaccord, on peut ne pas penser pareil et ça sera normal. Mais quand on voit ce qui se passe à l’international, localement on doit être en capacité de se parler. » De son côté Emmanuel Holtz estime sur ses réseaux que des avis extérieurs de personnalités engagées dans le département sont tout à fait légitimes, « Grégoire Laloux a moins de scrupule à faire figurer sur ses affiches électorales les dirigeants parisiens et nationaux du RN et d’un parti allié ».
Ban-St-Martin, Thionville, Saint-Avold : pas de fusion et des questions
Autre commune où les négociations étaient possibles, c’est au Ban St Martin. Trois listes sont au second tour, dont celle de Joy Hendrix, soutenue par le maire sortant Henri Hasser. En face, Patrick Scharf et Anne-Catherine Leucart ont discuté d’une alliance, c’était le cas dès dimanche soir mais au final, les deux listes ont continué à s’échanger des amabilités sur les réseaux sociaux. S’il était tout d’abord question d’un « pacte de non-agression » entre les opposants, la division s’est accentuée. Du côté de la liste qui a terminé à la dernière place et qui aurait pu jouer un rôle d’arbitre, « la politique ne doit pas être un marché d’arrangements », Anne-Catherine Leucart a donc maintenu sa liste. De son côté, Patrick Scharf y a vu une stratégie : une candidature pour le faire perdre, glissait-il sur ses réseaux. « Mon opposante principale reste Joy Hendrix, la candidate pilotée par le maire, mais elle n’est pas Henri Hasser », nous confiait-il entre les deux tours. De son côté, l’adjointe sortante aurait elle aussi discuté avec Leucart pour terminer une campagne « propre » entre les deux femmes.
A Thionville, pas d’alliance non plus avec Lionel Bieder, candidat DVD, 2e derrière Pierre cuny. Pourtant, ce dernier voulait une union sacrée face au maire, il l’avait évoqué dans une vidéo sur ses réseaux sociaux juste après le premier tour, dénonçant la mise en marche « de la machine à perdre » en refusant une alliance face au maire.
Au second tour dimanche, il y aura bien 4 listes, dont la candidate de la gauche, Brigitte Vaïsse, qui n’a pas obtenu le soutien de Philippe Noller, éliminé.
A Forbach, ce sont 3 listes au second tour. Pas d’alliance, notamment avec Eric Diligent, le troisième, qui avait noué une union avec droite et extrême droite. Pour lui, il était inenvisageable de rejoindre Alexandre Cassaro, le maire sortant. Et enfin à Saint-Avold, autre stratégie : André Wochiékowski 4e, n’a pas fusionné mais retiré sa liste pour faire barrage au RN, laissant ses électeurs choisir entre René Steiner et Tristan Atmania face au candidat RN arrivé en tête, Hervé Simon.
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