En Moselle, le surendettement repart à la hausse. En 2025, 1 897 dossiers ont été déposés auprès de la Banque de France, soit une augmentation de 19,8 % en un an, bien au-dessus de la moyenne nationale (+9,8 %).
Comment expliquer cette forte hausse du surendettement en Moselle en 2025 ?
Lionel Brunet, directeur départemental de la Banque de France en Moselle : « Nous avons effectivement traité 1 897 dossiers en 2025, soit une hausse de 19,8 %. Mais il faut la replacer dans son contexte. La Moselle avait connu une progression plus faible que le reste du pays en 2023 et 2024. Il y a donc aujourd’hui un effet de rattrapage. »
Y a-t-il d’autres facteurs à prendre en compte ?
« Oui. Dans près de la moitié des dossiers, les difficultés remontent à plus de deux ans. Les ménages tentent d’abord de s’en sortir seuls, en ajustant leurs dépenses ou en négociant avec leurs créanciers. Lorsqu’ils déposent un dossier, la situation est souvent déjà installée. »
Quels profils sont les plus touchés en Moselle ?
« On retrouve les mêmes tendances qu’au niveau national. Les personnes sous le seuil de pauvreté sont les plus représentées. Il y a aussi davantage de femmes et de familles monoparentales. On observe également une hausse chez les jeunes, notamment liée aux mini-crédits et aux paiements fractionnés. »
Justement, ces nouveaux modes de paiement inquiètent-ils ?
« Ils peuvent. Ce sont de petites sommes, mais leur accumulation peut fragiliser des publics qui n’ont pas toujours des revenus stables. C’est un phénomène que l’on commence à voir apparaître. »
Le niveau d’endettement est-il plus élevé en Moselle ?
« Oui, légèrement. L’endettement médian hors immobilier atteint environ 19 400 euros, contre des niveaux plus bas au niveau régional et national. Cela peut s’expliquer en partie par un niveau de vie un peu plus élevé. Au total, les dossiers traités représentent près de 63 millions d’euros de dettes, dont 48 % liés à des crédits à la consommation. Sur cette somme, 16 millions d’euros ont été effacés en 2025. »

Des actions d’éducation financière
L’inflation a-t-elle joué un rôle ?
« Oui, mais avec un décalage. Les fortes hausses de prix, notamment sur l’énergie et l’alimentation il y a deux ans, ont fragilisé certains ménages. Même si l’inflation s’est ensuite stabilisée, les conséquences se font sentir aujourd’hui. »
Quel est le rôle de la Banque de France face à ces situations ?
« Nous traitons les dossiers de surendettement, mais nous intervenons aussi en prévention. Nous menons des actions d’éducation financière auprès de tous les publics, dès le collège. L’objectif est d’aider chacun à mieux comprendre le crédit, les moyens de paiement et à éviter les pièges. »
Comment les Mosellans peuvent-ils vous contacter ?
« Nous proposons un service accessible à tous : accueil physique à Metz toute la semaine, permanences à Thionville et Sarreguemines, mais aussi un accompagnement à distance via internet ou le numéro 3414. »
Peut-on déjà anticiper la tendance pour 2026 ?
« Le début d’année reste orienté à la hausse, mais il est encore trop tôt pour tirer des conclusions. L’évolution du surendettement reste cyclique. Il faudra attendre davantage de recul. »
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