Après la mort de Quentin à Lyon, les accusations politiques nationales s’exportent sur le terrain de la campagne à Metz.
La mort tragique de Quentin, militant d’extrême droite à Lyon, survenue en marge de la venue de l’eurodéputée LFI Rima Hassan, a ravivé les tensions entre la droite et la gauche sur fond de violences politiques. Au niveau national, certaines voix, notamment à l’extrême droite, ou encore le président des LR Bruno Retailleau, ont rapidement évoqué un meurtre attribué à « l’ultragauche », rejetant la responsabilité sur La France Insoumise. Cette interprétation est vivement contestée par LFI qui a condamné ce meurtre.
À Metz, le climat reste lui aussi marqué par des actes hostiles. Ce week-end, des militants du groupuscule identitaire d’extrême droite Aurora Lorraine – association qui avait déjà ciblé le maire en place ou l’adjoint à la culture – ont déversé du faux sang de campagne de Charlotte Leduc, candidate aux municipales pour LFI et « complice » selon eux. « Tout a été rapidement nettoyé, ce n’était que de l’eau colorée en rouge. Mais les prochaines réunions avec les militants seront surveillées et nous allons nous mettre en sécurité pour éviter des incidents », a-t-elle précisé. Plusieurs élus, dont François Grosdidier le maire sortant, ont dénoncé un climat général de violence et de tension dans la campagne.
Ce soir à 18h, un rassemblement est prévu à Metz pour rendre hommage à la victime lyonnaise. Le candidat pour le RN et l’UDR Etienne Anstett n’y participera pas mais se dit toutefois attristé et « choqué » par ce drame. « La violence n’est pas la solution en politique, qu’on soit de gauche ou de droite (…) Ce drame c’est le témoin de la violence et de l’ensauvegement d’une partie de la classe politique actuelle, l’extrême gauche, extrêmement vindicative à l’égard de beaucoup de personnes à droite et de mes militants. Aujourd’hui nous sommes menacés ». Charlotte Leduc a de son côté déploré les amalgames : « Je déplore le lien fait entre LFI et ce qui s’est passé à Lyon. Des liens hasardeux qui mettent en danger les militants et militantes partout en campagne pour ces municipales en ce moment. Cela ravive des tensions avec les groupuscules d’extrême droite présents à Metz. »
Du côté du candidat RN, il dénonce aussi « un maire qui est une honte absolue pour la ville », indiquant que François Grosdidier a inversé « l’ordre des priorités » : « dans un premier temps il faut pleurer la mort de Quentin et dans un second temps on peut parler de choses secondaires. » Ce matin, le maire a publié un nouveau communiqué où il déclare que « les extrémismes s’alimentent mutuellement et délitent la République » et que seules la police et la justice doivent identifier et punir les assassins de Quentin, et non « des activistes qui s’érigent en justiciers ». Une enquête est ouverte pour homicide volontaire. Pour l’instant, aucune interpellation n’a eu lieu.
MàJ : Dans un communiqué envoyé ce soir, la liste de Jérémy Roques « Maintenant pour Metz » apporte son soutien aux membres de « Metz en commun » et dénonce « les tenants d’une idéologie nauséabonde (qui) nous rappellent quelles sont les méthodes de l’extrême droite. La violence contre les corps et contre les esprits est au fondement même de leur action politique. »



