La commune de Talange engage une action en indemnisation contre l’État, après le fiasco et la fermeture de l’usine Novasco à Hagondange. Elle estime avoir subi un préjudice direct après l’échec d’une reprise massivement financée par des fonds publics et demande un million d’euros de réparation.
La fermeture définitive du site sidérurgique à Hagondange, en décembre 2025, a marqué la fin d’un fleuron industriel historique du bassin mosellan. En 2024, le fonds d’investissement britannique Greybull devait sauver la société Novasco, ex-Ascometal, grâce à un plan de relance ambitieux, soutenu à hauteur de 85 millions d’euros d’aides publiques. Un an plus tard, après de nombreuses manifestations et délais supplémentaires accordés par le tribunal administratif, l’entreprise était placée en liquidation judiciaire, pour la quatrième fois en dix ans. Entraînant le licenciement de l’ensemble des salariés du site et un choc économique majeur pour les communes voisines, dont Talange.
Une indemnisation pour non-respect des engagements financiers
Selon la requête déposée devant le tribunal administratif de Strasbourg, l’échec de cette reprise s’explique notamment par le non-respect des engagements financiers de Greybull, qui n’aurait injecté que 1,5 million d’euros sur les 90 millions annoncés. Malgré cela, l’État aurait continué à verser des fonds publics, sans contrôle suffisant ni contreparties effectives. Dans un communiqué envoyé à notre rédaction, la municipalité de Talange pointe une « négligence fautive » de l’État dans la surveillance de l’utilisation de ces aides, alors même que les juridictions commerciales soulignaient le caractère largement public du financement du projet.
Estimant subir un préjudice moral, économique et d’image, la commune réclame aujourd’hui un million d’euros d’indemnisation. Une demande faite par Patrick Abate et ses avocats, sur vote unanime du conseil municipal fin 2025. Le montant réclamé par la commune de Talange peut questionner. Celui-ci ne résulte pas d’un calcul comptable strict, mais d’une évaluation forfaitaire et proportionnée du préjudice subi. Concrétement, Talange s’appuie sur la propre démarche de l’État, qui réclame à Greybull 6,5 millions d’euros de préjudice, en l’appliquant au local.
Une somme qui, selon la municipalité, vise à réparer l’impact durable de la disparition d’un pilier industriel sur le territoire et ses habitants, nombreux à avoir travaillé à l’aciérie toutes ces années.
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