Les légumes d’hiver n’ont plus la côte dans nos assiettes. Alors quand cette baisse de la demande rencontre une hausse de la production : les prix chutent. Lundi 9 février 2026, un maraîcher de Moselle alerte sur sa situation.
Pour Henri Malassé, maraîcher en Moselle, l’endive est une histoire de famille. Une culture initialement pensée pour occuper les salariés en hiver, mais qui a finalement pris de l’ampleur.
Également gérant des Jardins vitrés à la Maxe, il raconte : « Historiquement, notre production en hiver, c’est l’endive. » Une culture initiée par son grand-père.
Une surproduction d’endives chez ce maraîcher de Moselle
Pour les Jardins vitrés, l’endive est le produit phare du 15 novembre jusqu’à fin avril. Et cette année, l’exploitation est en surproduction des racines d’endives.
« L’endive s’est très bien comportée en champ, on a beaucoup moins de pertes de racines », explique le maraîcher, « automatiquement, tous les producteurs ont arraché leurs endives et tous veulent forcer leurs endives en salle. »
Une surproduction de racines qui mène donc à une augmentation des chicons disponibles sur le marché.
Un produit boudé par les Français
Ce qui pourrait sembler être une bonne nouvelle est finalement une déconvenue pour les producteurs. Malgré cette hausse de l’offre, la demande des consommateurs, elle, n’est pas au rendez-vous.
Entre 2019 et 2024, la consommation de légumes a diminué de 11 %, selon l’Académie d’agriculture de France. Plus compliquée à cuisiner qu’un concombre ou qu’une tomate, l’endive est d’autant plus boudée par les Français.
Henri Malassé est conscient de cette barrière : « C’est un produit qui est très ancien et les jeunes aujourd’hui ont beaucoup de mal à le cuisiner. On aide de plus en plus les consommateurs avec nos packagings avec des idées recettes, pour que le consommateur s’habitue à consommer à nouveau de l’endive. »
40 centimes en moins par kilo
Les températures douces de cet hiver n’ont pas motivé les Français à se tourner vers ce légume de saison. La règle de l’offre et de la demande a donc fait baisser les prix de l’endive.
Pour ce maraîcher, la baisse de prix n’est pas anodine : environ 40 centimes par kilo. Un impact sur sa trésorerie d’autant plus important lorsqu’on rapporte cette décote à son volume de production. « Par jour, on est aux alentours de deux tonnes, deux tonnes et demie, d’endives emballées », précise Henri Malassé.
Contrairement aux monocultures de chicons dans le Nord, la multiculture des Jardins vitrés évitera une situation trop compliquée. Mais face à cette baisse de bénéfices, la question d’arrêter la production d’endives se pose chez la famille Malassé.



