Mesure phrase de sa campagne à Metz, LFI entend démontrer le plébiscite pour la gratuité des transports avec une votation citoyenne.
À Metz, la France insoumise place la gratuité des transports en commun au cœur de sa campagne municipale. Une mesure qu’elle souhaite défendre à travers une votation citoyenne, organisée sur 5 dates du 6 au 11 février dans plusieurs points de la ville, notamment Metz-centre et Borny.
Pour les candidats LFI, cette initiative s’inscrit dans une double volonté : promouvoir l’une des mesures phares de leur programme, mais aussi mettre en pratique un nouvel outil démocratique. « Dès que 5 % du corps électoral demande à s’exprimer, cela devient une votation citoyenne », explique le militant Sylvain Brousse. À Metz, le calcul est simple : sur environ 70 000 votants, 3 500 signatures sont nécessaires pour enclencher la procédure. Particularité du dispositif : le vote sera également ouvert aux mineurs et aux résidents non citoyens. « On veut élargir la participation au maximum », précise-t-il.
Concrètement, les participants seront invités à glisser un bulletin “pour” ou “contre” la gratuité des transports dans une urne, sur cinq dates distinctes, entre le 6 et le 11 février. Les lieux ont été choisis pour leur fréquentation, quitte à s’écarter des quartiers. « Ce sont des lieux de passage, où l’on peut croiser différents profils : badauds, travailleurs frontaliers, hommes d’affaires. C’est un choix volontaire », indique l’ancienne députée, cheffe de file à Metz.
Pour son colistier Jean-François Secondé, la crédibilité du dispositif est centrale. « On veut s’approcher au mieux d’un vote réel. Pour cela, on a mené une campagne de promotion sur Metz, avec de l’affichage et des distributions dans toutes les boîtes aux lettres. L’urne est scellée par un huissier de justice, nous avons prévu au moins 3 000 enveloppes, ainsi qu’un isoloir en carton que l’on pourra installer sous un barnum », détaille-t-il. Le dépouillement, lui aussi, sera encadré par un huissier, le 12 février.
Pour Charlotte Leduc, cette votation poursuit deux objectifs politiques. « Il s’agit de mettre en avant deux projets : la gratuité des transports et la votation citoyenne. Mais aussi d’obtenir un point d’appui à la métropole une fois élus. On sait que la métropole y sera hostile. Si c’est un plébiscite populaire à Metz, il sera plus difficile pour les élus métropolitains de s’y opposer. »
Au-delà de la mesure défendue, les candidats insoumis revendiquent une démarche de “démocratie réelle”. « Je pense que cela participe à la lutte contre l’abstention. Avec ce vote, les citoyens voient immédiatement une application concrète de la démocratie », estime l’ancienne députée. Et Sylvain Brousse de donner un exemple : la Serpentine aurait pu être soumise au vote des citoyens après les appels d’offre.
La gratuité des transports figure parmi les 163 mesures du programme municipal de la France insoumise à Metz, une mesure que le mouvement juge finançable et applicable dès la fin de son mandat. Cette votation citoyenne entend en être la première démonstration.



