Prévenir les blessures, améliorer les chronos et concevoir les équipements de demain : à l’Université de Lorraine, le laboratoire CARE met les données scientifiques au service du sport. Une expertise de pointe déjà adoptée par plus de 600 sportifs du Grand Est.
Aujourd’hui, la performance sportive ne se joue plus seulement sur le terrain. Derrière chaque accélération, chaque saut ou chaque coup de rame, des ingénieurs et chercheurs analysent des centaines de données pour mieux comprendre le corps en mouvement. À l’Université de Lorraine, le laboratoire CARE (Centre d’accompagnement, de recherche et d’expertise), s’est imposé comme un acteur clé de cette révolution scientifique. Son objectif : « prévenir les blessures, optimiser la performance et améliorer le bien-être des sportifs ».
Parmi les clubs partenaires de l’étude, le centre de formation du FC Metz. Depuis plusieurs mois, les jeunes joueurs enchaînent des tests physiques sous l’œil attentif des chercheurs. Capteurs, caméras et mesures biomécaniques permettent d’étudier la moindre posture. « On va pouvoir analyser la technique, comment ils placent leur tronc, comment ils utilisent leurs bras« , explique Frédéric Simon, ingénieur chercheur. L’enjeu est crucial : détecter les mouvements à risque, notamment ceux pouvant entraîner une rupture des ligaments croisés.
« Notre travail, est de réduire au maximum le temps d’absentéisme« , nous raconte Bertrand Barbier, préparateur physique de l’équipe réserve et des U19. « Car un joueur blessé, c’est des mois hors du terrain et donc un ralentissement de sa formation« . Quelques mois après le début des analyses, les résultats sont déjà probants. « Fin 2025, on avait autour de 5 à 6 % de blessés pour l’ensemble du centre de formation, ce qui est très faible« .
Le laboratoire CARE : traqueur de faux mouvements et source d’innovation
Mais CARE ne s’arrête pas au football. En aviron, les chercheurs étudient la puissance, le placement du dos et les sensations des rameurs pour identifier leurs axes de progression. « On a vu des chronos qui s’amélioraient dans les performances« , témoigne l’entraîneur des Régates Messines. Les travaux débouchent aussi sur des innovations concrètes, comme une poignée ergonomique brevetée, moulée sur mesure et utilisée lors des Jeux olympiques d’été de 2024 et des Jeux paralympiques. Une athlète française médaillée et un champion olympique en étaient équipés.
Depuis le lancement de ses études, le laboratoire CARE a déjà accompagné 600 sportifs du Grand Est. La preuve qu’en Lorraine, la science peut aussi faire gagner des médailles.
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