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Salaires, effectifs, conditions de travail : le cri d’alerte du secteur médico-social

À l’issue de la conférence salariale du secteur mi-février, plusieurs organisations syndicales ont dénoncé l’absence d’annonces concrètes pour les salariés du sanitaire, du social, du médico-social et de l’aide à domicile. Elles se sont mobilisées partout en France ce mardi, dont à Metz, pour défendre les salaires, les conditions de travail et les moyens des établissements.

Quelles sont aujourd’hui les principales revendications des salariés du secteur ?

Catherine Bray-Tomassi, secrétaire départementale de l’action sociale pour Force ouvrière : « La revendication principale concerne l’augmentation des salaires. Notre secteur s’est fortement appauvri au fil des années. On parle souvent des « oubliés du Ségur », mais on pourrait aussi parler des oubliés des augmentations salariales. Dans le médico-social, les grilles salariales sont restées quasiment figées pendant près de trente ans. Aujourd’hui, certaines personnes sont embauchées avec des salaires qui se retrouvent en dessous du SMIC actuel. C’est une situation qui n’est plus acceptable. Les revalorisations proposées restent très faibles, quelques centimes sur le point de salaire. À ce rythme, le rattrapage ne peut pas se faire. »

Quelles revalorisations demandez-vous concrètement ?

« Depuis 2019, nous menons un combat pour que la prime Ségur soit étendue à l’ensemble du secteur. Aujourd’hui, certaines professions n’en bénéficient toujours pas. Mais au-delà de cette prime, nous demandons une véritable augmentation des salaires de base. Le rattrapage nécessaire est important. Nous estimons la perte de pouvoir d’achat à environ 300 euros. Pour des salariés qui gagnent parfois entre 1 200 et 1 300 euros par mois, c’est considérable. »

Quelles conséquences cela a-t-il sur le secteur ?

« La première conséquence, c’est le manque d’attractivité des métiers. Les salaires trop faibles découragent les candidats et compliquent les recrutements. Pourtant, le secteur est très vaste. Il regroupe de nombreuses conventions collectives et des métiers variés, du paramédical au personnel administratif, en passant par les ouvriers et les agents techniques. Aujourd’hui (mardi), toutes les organisations syndicales du secteur se sont mobilisées au niveau national. C’est une mobilisation importante, car le médico-social reste souvent moins visible que le secteur hospitalier. »

Des établissements fragilisés et des équipes sous tension

Les conditions de travail sont-elles également une source d’inquiétude ?

« Oui, clairement. Le vote du nouveau budget de la Sécurité sociale prévoit des coupes budgétaires qui risquent d’avoir des conséquences directes dans nos établissements. Ces restrictions peuvent conduire à des suppressions de postes, notamment dans des structures de proximité qui jouent pourtant un rôle essentiel dans le tissu social local. Dans certains établissements, les équipes travaillent déjà avec des effectifs réduits. C’est particulièrement visible dans les EHPAD, où les professionnels doivent faire face à des charges de travail toujours plus importantes. »

Quelles sont les difficultés rencontrées par les salariés ?

« Beaucoup de professionnels peinent à joindre les deux bouts. Pour les nouveaux embauchés notamment, il devient difficile de payer un loyer ou d’envisager un crédit. Ces métiers sont essentiels pour accompagner les personnes âgées, les personnes en situation de handicap ou les publics fragiles. Mais aujourd’hui, ceux qui les exercent ont le sentiment que leur travail n’est pas suffisamment reconnu. »

Retrouvez l’actualité près de chez vous dans MoselleInfo su lundi au vendredi à 18h.

Jean MILON
Jean MILON
Rédacteur en chef adjoint de MoselleTV. Présentateur de MoselleInfo.
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