Le centre commercial Saint-Jacques a fermé ses portes ce jeudi à Metz, en raison d’un mouvement de grève des agents de sécurité.
Certains clients apprennent avec surprise la nouvelle fermeture du centre Saint-Jacques de Metz. Les grilles ne sont pas levées. À l’origine de cette situation, le non-versement des salaires du mois de décembre. « On est le 15 janvier et on n’a toujours pas de salaire », déplore Gilles, chef d’équipe au centre commercial Saint-Jacques, où il travaille depuis 36 ans. Selon lui, la situation serait liée à un différend financier entre la société de sécurité La Licorne, qui emploie les agents, et les propriétaires du centre. « D’après notre responsable, les propriétaires du centre Saint-Jacques n’ont pas payé la société. Eux n’ont pas les fonds pour nous payer. C’était le seul moyen de pression qu’on avait. »
Une situation qui n’est pas nouvelle pour les salariés. « Ça fait six mois que ça dure, et en six mois, ça fait deux fois que ça nous arrive », poursuit-il. Les 10 agents de sécurité ont donc décidé collectivement de bloquer l’accès au centre. « On continuera le blocus tant que nos salaires ne seront pas virés. » Pour Laurent, « c’est un ras le bol total » lui qui travaille depuis 13 ans ici. Avec cette grève, l’établissement est obligé de fermer car les lieux ne « sont pas sécurisés » soit un bon moyen de se faire entendre. Pourtant, le propriétaire du site, la Société des Grands Magasins, a décidé d’ouvrir le centre commercial sans sécurité.
Privés de tout contact direct avec le gestionnaire du centre, les agents se disent démunis. « Avec SGM, on n’a aucun contact. Nos contrats ont été signés avec La Licorne. Nous, on demande juste de récupérer nos salaires. On a travaillé, on est pères de famille, on a des maisons. On ne demande que notre dû », insiste Gilles, qui déplore également l’absence de soutien syndical. « On est laissés à l’abandon, personne ne nous aide. »
Une succession de prestataires marquée par des retards de paiement
Une situation qui rappelle le mouvement de contestation du personnel d’entretien de la société de nettoyage ESSI Metz, qui n’avait pas reçu son salaire il y a quelques semaines.
Depuis juillet 2023, le centre commercial Saint-Jacques a changé à plusieurs reprises de prestataire pour assurer la sécurité des lieux. Entre l’été 2023 et le 31 mai 2025, la mission était confiée à la société ETS. Une période durant laquelle l’entreprise n’était pas réglée par le gestionnaire du centre, mais disposait néanmoins des fonds nécessaires pour verser les salaires à ses agents. À partir de juin 2025, la société Luxant, également connue sous le nom de Larians, a repris la gestion de la sécurité jusqu’au 8 novembre de la même année. Dès le début du contrat, des retards de paiement des salaires sont apparus, entraînant des menaces de grève. Depuis début novembre et jusqu’à aujourd’hui, la sécurité du centre commercial est assurée par La Licorne, filiale du groupe GSP. Le salaire du mois de décembre, qui devait être versé le 10 janvier, n’a toujours pas été payé.
Alertée, la mairie de Metz a réagi par la voix de son maire, François Grosdidier, qui qualifie la situation « d’inacceptable » dans un communiqué et apporte son « soutien plein et entier » aux agents de sécurité. Il juge « insuffisante et indigne » la proposition du gérant du centre, qui évoquait une compensation exceptionnelle de 1 000 euros, et appelle à une régularisation immédiate des salaires.
La Ville de Metz déplore par ailleurs un nouveau relâchement en matière de propreté du site et annonce le renouvellement d’une procédure sur le fondement du Code de l’Environnement. Devenue récemment copropriétaire minoritaire d’un local du centre Saint-Jacques, la municipalité affirme vouloir désormais peser davantage face au copropriétaire majoritaire.
Contactés, les responsables du centre Saint-Jacques n’ont à ce jour pas répondu à nos sollicitations.
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