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Nappes phréatiques : une situation sous vigilance en Lorraine

Alors que la situation des nappes phréatiques est jugée globalement satisfaisante en France, le constat reste plus nuancé en Lorraine. Explications avec Murielle Chabart, hydrogéologue régionale au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).

Dans un premier temps, présentez-nous le BRGM et ses missions ?

Murielle Chabart, hydrogéologue régionale : « Nous travaillons sur le sol et le sous-sol, et nous mettons à disposition du public et des administrations des éléments de compréhension, notamment sur la géologie et les eaux souterraines. Nos missions concernent la valorisation des ressources minérales, la prévention des risques, la transition énergétique et la gestion de la ressource en eau. »

Quels sont les moyens techniques à votre disposition pour récolter les informations sur le terrain ?

« Nous gérons, pour le compte de l’État, un réseau de points de mesure appelés piézomètres. Ce sont des forages équipés pour suivre le niveau de l’eau dans le temps. On en compte environ 1 860 en France, 140 dans le Grand Est, 64 en Lorraine et 15 en Moselle. Cela peut sembler peu, mais ce réseau permet de suivre efficacement les nappes exploitées sur le territoire. »

Que faites-vous ensuite de ces données ?

« Nous enregistrons les niveaux d’eau sur le long terme pour analyser les évolutions. Ces données sont ensuite mises à disposition des services de l’État et du grand public, afin de mieux comprendre les variations des nappes. »

« En Lorraine, des niveaux dans la moyenne à modérément bas »

Quel est l’état actuel des nappes en Lorraine ?

« Les données montrent une situation globalement dans la moyenne, voire modérément basse. En Moselle, les nappes calcaires sont proches de la moyenne. En revanche, celles des grès vosgiens et des calcaires triasiques présentent des niveaux plus bas. »

Pourquoi ces différences ?

« Certaines nappes sont dites “réactives” : elles répondent rapidement aux pluies. D’autres sont “inertielles”, donc plus lentes à se recharger. Ce sont ces dernières qui posent davantage de questions pour l’avenir. »

Comment expliquer ces niveaux modérément bas ?

« Même si la pluie a été présente, elle n’est pas toujours tombée au bon moment. La recharge des nappes se fait principalement entre octobre et mars-avril. Or, le début de cette période a été peu favorable. Soit les précipitations étaient insuffisantes, soit les sols ne permettaient pas une bonne infiltration de l’eau. »

Les pluies récentes ont-elles aidé ?

« Oui, notamment celles de février. Elles sont arrivées dans de bonnes conditions, avec des sols capables d’absorber l’eau. Cela a permis une légère recharge. »

Incertitude pour l’été à venir

Peut-on aborder l’été sereinement ?

« Cela reste incertain. Tout dépendra des précipitations à venir, mais aussi de l’état des sols et de la reprise de la végétation. Au printemps, les plantes consomment davantage d’eau, ce qui limite la recharge des nappes. »

Les activités humaines ont-elles un impact ?

« Elles jouent un rôle, bien sûr, mais limité à cette période de l’année. L’impact est plus marqué en été. Aujourd’hui, ce sont surtout les conditions naturelles, les pluies et la végétation, qui influencent les niveaux. La situation n’est pas alarmante, mais elle invite à la vigilance. Les nappes phréatiques restent une ressource essentielle, fragile et dépendante de nombreux facteurs. »

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Jean MILON
Jean MILON
Rédacteur en chef adjoint de MoselleTV. Présentateur de MoselleInfo.

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