Ce samedi, une vingtaine de villes en France ont été le théâtre de manifestations d’ampleur menées par les policiers. Le syndicat Alliance revendique près de 45 000 participants. En Moselle, ils étaient entre 300 et 400.
La police nationale est à bout. Elle l’a fait comprendre ce samedi, partout en France. Dépassées, désabusées, les forces de l’ordre n’en peuvent plus. Elles regrettent un manque flagrant d’investissements. « Les moyens matériels et humains sont insuffisants aujourd’hui, déplore David Ghisleri, secrétaire départemental du syndicat Alliance. Les locaux sont insalubres, les véhicules hors d’âge. On est dans un autre temps ». Selon eux, leurs moyens ne collent plus aux réalités du terrain. Se moderniser, voilà le mot d’ordre. C’est dans cette optique qu’ils ont pris à témoin élus et citoyens ce week-end.
« Lutter à armes égales »
En clair, la police nationale souhaite un bras de fer équitable. Elle veut lutter à armes égales contre la criminalité qui n’a « aucune limite, tant financière qu’humaine » selon David Ghisleri. Dans l’hexagone, « 15 fonctionnaires sont blessés chaque jour. La peine encourue est de sept ans d’emprisonnement. La moyenne selon l’observatoire de la réponse pénale, c’est 8 mois. Or, en dessous d’un an, on n’effectue pas de peine de prison… » Le représentant syndical dénonce un sentiment d’impunité grandissant. Une justice qui ne fait plus peur. Selon lui, les forces de l’ordre comme la population sont pris en otage par une politique fébrile. Impuissante, la police a « le sentiment de vider un océan à la petite cuillère ». Une alerte lancée à visage découvert, dans l’espoir que cette fois, elle ne reste pas lettre morte.
Retrouvez l’interview complète dans l’intégrale de Moselle Info du lundi 2 février.



