Après 64 années d’activité, la dernière boucherie-charcuterie traditionnelle de Thionville (Moselle) fermera définitivement samedi 17 janvier 2026. La famille Nosal a fidélisé une clientèle importante qui se désole de cette nouvelle.
Christian Nosal attend avec émotion ses derniers clients. À la tête de la boucherie-charcuterie familiale depuis 1977, il s’apprête à prendre sa retraite. C’est une enseigne historique du centre-ville de Thionville (Moselle) qui fermera de façon définitive samedi 17 janvier 2026 au soir.
Depuis la Révolution, ces murs ont toujours abrité des boucheries, assure le gérant, pointant du doigt les insignes de la corporation gravés sur la façade.
« Mon papa a repris la boutique en 1961, avec ma mère », contextualise l’aîné de la fratrie, « Puis mon père est décédé en 1977. Après mon armée, je suis rentré travailler avec ma mère. On a continué à travailler avec le personnel et on a continué à se développer. »
« Une page de vie qui se tourne », pour la famille Nosal
Finalement, la boucherie-charcuterie Nosal est devenue une institution de l’hypercentre de Thionville. Puis, lorsqu’ils développent leurs services de traiteur, l’enseigne rayonne jusqu’aux quatre coins de la Moselle.
Mais face à un manque de personnel et une envie de se consacrer à ses petits enfants, c’était le moment pour Christian Nosal de clore ce chapitre. « C’est vraiment une page de vie qui se tourne », soupire-t-il.
Pas de repreneur : « des artisans, il y en a de moins en moins »
Pour reprendre l’affaire, la famille Nosal souhaitait un boucher traditionnel de qualité qui puisse s’inscrire dans la durée. Mais la recherche n’a rien donné. Pour l’heure, c’est donc une fermeture définitive.
Jean Nosal, responsable du magasin et de l’achat des viandes, déplore : « Des artisans, il y en a de moins en moins. Et ça, c’est un petit peu dommage pour un centre-ville comme Thionville, qui a 50 000 habitants et où il n’y aura plus de boucherie-charcuterie traditionnelle. Mes clients sont un petit peu malheureux à cause de ça. » Même constat à Metz, où les boucheries ne trouvent pas de repreneur.
Un lien fusionnel avec ses clients
Alors qu’il attend son tour derrière le comptoir de la boucherie, un habitué des lieux apprend l’annonce de la fermeture : « C’est une triste nouvelle. Ça fait plus de 40 ans que je viens ici. »
Devant la vitrine, une Thionvilloise se souvient précisément du repas de sa communion, que ses parents avaient commandé par le service de traiteur de la famille Nosal : « C’était une très bonne adresse et ça va faire drôle de ne plus avoir ça sur Thionville. »
Le lien social, c’est ce qui va le plus manquer à Christian Nosal. Alors, dans les semaines à venir, les clients seront invités à un cocktail pour les remercier de leur fidélité.



