C’est un phénomène qui ne touche pas que les petites communes : de nombreuses listes aux municipales partent sans étiquette.
Ce n’est plus réservé aux petits communes de village. Si en 2020, 47 communes, soit moins de 10% des villes de Moselle, ont présenté une liste avec une étiquette politique, en 2026, le phénomène pourrait s’accélérer. Même chez les candidats réputés encartés, on souhaite s’affranchir des partis pour plusieurs raisons.
« Je ne veux pas imposer un parti à mes colistiers (…) Localement, on fait d’abord du service rendu à la population, explique Michel Liebgott, ancien député et maire PS de Fameck. La politique locale ça passe par du social, par de la solidarité, mais aussi par de la création de richesse, et ça, ça regroupe toutes les sensibilités politiques », confie-t-il pour expliciter le choix d’une liste un peu plus large que les socialistes.
Même constat pour Pascal Jenft, député RN qui a annoncé candidater à Sarreguemines avec une liste « apolitique » : « je ne veux pas commencer à y mêler la politique (…) sur ma liste, nombreux sont ceux qui ne sont pas dans un parti, je ne leur pose même pas la question », dit-il. Propos similaires aussi pour Philippe Tarillon, ancien maire PS de Florange qui candidate cette année. « Je ne leur pose pas la question… Mais si quelqu’un m’avait dit être encarté au RN, là il y aurait eu un problème de compatibilité ». Sur sa liste, quelques communistes, des centristes, des verts, bref, « une union des gauches » comme on a pu le voir un peu plus ces dernières années. Pour de nombreuses listes, on préfère passer par un simple « soutien » d’un parti traditionnel, implicite ou explicite.
Dans une élection locale, « notre parti, c’est la ville » : c’est en résumé ce que clament tous les maires consultés. Récemment, Manuel Bompard, coordinateur LFI pour ces élections, l’a assuré : « nous serons aussi présents dans les petites communes, mais ce ne sont pas forcément des listes avec des étiquettes ». Un récent sondage d’Ifop a confirmé que les Français placent l’étiquette à la 4e place dans le choix du candidat pour ses municipales, bien après le programme, le bilan ou la personnalité.



