Ce mardi 20 janvier, Strasbourg a été le théâtre d’une mobilisation agricole d’ampleur européenne. Et parmi les près de 5 000 agriculteurs venus de toute l’Europe, de nombreux jeunes agriculteurs se sont mobilisés.
Près de 5 000 agriculteurs venus de toute l’Union européenne se sont rassemblés devant le Parlement européen de Strasbourg pour dénoncer l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur. Et parmi eux, de nombreux jeunes. Pour ces exploitants, souvent récemment installés ou en cours d’installation, l’enjeu dépasse le cadre de cette mobilisation : c’est leur avenir qui se joue.
Une inquiétude forte chez les jeunes installés
« Le Mercosur va impacter nos exploitations sur le long terme », alerte Marc Bodo, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs de Moselle. Selon lui, l’ouverture du marché européen aux productions sud-américaines fait peser un risque majeur sur la compétitivité des exploitations françaises.
En cause : des produits importés à des prix plus bas, issus de systèmes de production soumis à des normes sanitaires, environnementales et sociales bien différentes de celles imposées aux agriculteurs européens.
Une situation jugée démotivante pour toute une génération à qui l’on demande de produire selon des standards élevés, tout en faisant face à une concurrence accrue. « On nous forme à produire proprement, avec des règles strictes, et en parallèle on importe des produits qui ne respectent pas ces exigences », regrette le responsable syndical.
« Défendre le métier dès le début »
Pour Antoine, installé récemment en Moselle sur une exploitation familiale en polyculture et élevage, la mobilisation était indispensable. « On vient à peine de s’installer et on est déjà obligés de défendre notre métier », confie-t-il.
Une inquiétude partagée par Quentin, futur exploitant dans le secteur de Metz. En attente de conditions plus favorables pour s’installer, il craint que le Mercosur ne rende encore plus difficile l’installation des jeunes. « Une exploitation, c’est des centaines de milliers d’euros d’investissement. Si en plus les prix chutent, le risque de faillite est réel », explique-t-il.
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