Tourné en Moselle et dans le Grand Est, le court-métrage « La Ligne de vie » a été sélectionné à la Mostra de Venise et est candidat aux European Film Awards. Ce film sur la Première Guerre mondiale sera projeté le 30 mars à Metz et à Saint-Julien-lès-Metz.
Un film tourné en Moselle qui voyage aujourd’hui dans les festivals du monde entier. « La Ligne de vie », réalisé par l’acteur et réalisateur Hugo Becker, a été sélectionné en compétition officielle à la 82ème Mostra de Venise, le plus ancien des festivals internationaux, alors qu’il était en compétition avec 2 350 films. Le court-métrage a déjà reçu plusieurs prix « Il a été sélectionné en compétition officielle à la Mostra de Venise. Et la Mostra l’a choisi comme candidat pour les European Film Awards soit l’équivalent des Oscars Européens » Une surprise pour le réalisateur. « C’était vraiment une distinction assez dingue, pour être honnête. » Le film a aussi reçu le prix du meilleur film aux American French Film Awards à Los Angeles et le grand prix ainsi que le prix du meilleur scénario au festival Filmoramax « Le film a un très beau parcours et on a beaucoup de chance qu’il ai cette vie là, on espère que ça va continuer. »
Ce court-métrage dure 30 minutes et se déroule en décembre 1916, pendant la Grande Guerre : « Le film parle de l’univers des facteurs pendant la Première Guerre mondiale », explique Hugo Becker. Un sujet peu commun d’un triller autour de courrier des soldats où l’histoire suit deux facteurs militaires qui ont réussi à passer un barrage allemand. Ces facteurs « sont interrogés parce qu’on ne comprend pas comment ils ont réussi à passer ce barrage. » En parallèle, le film raconte aussi le trajet d’une lettre envoyée par un soldat « Et toutes les pièces du puzzle vont se recomposer au fur et à mesure du film. » Pendant la Première Guerre mondiale, près de quatre milliards de lettres ont été échangées entre les soldats et leurs familles.
Une idée née de lettres familiales
L’idée du film est venue d’une découverte personnelle de Hugo Becker « J’étais retombé sur des lettres que mon grand-père et sa sœur avaient gardées. Elles appartenaient à mon arrière-grand-père et mon arrière-grand-oncle lors de la Première Guerre mondiale. » Ces lettres ont inspiré le scénario « Je trouvais ça fascinant, le fait qu’on échangeait uniquement par courrier. » Et pour ce film, le réalisateur voulait raconter cette histoire autrement que dans un documentaire « Il me semblait intéressant de transmettre ça sous la forme d’une fiction. L’idée était de faire un film de 30 minutes qui puisse créer un dialogue dans les écoles. »
En effet, le petit film est en premier lieu pensé pour les jeunes à l’école. Le but était de rendre l’histoire plus facile à regarder pour les jeunes « L’envie est d’être moins rébarbatif et d’avoir une autre approche. Il faut transmettre aux jeunes de façon ludique avec des reconstitutions et une histoire dynamique. » Il ajoute : « L’idée, c’était de faire un film ambitieux. » Et pour cela, le tournage a mobilisé près de 100 figurants, des véhicules d’époque, des chevaux et des explosions réelles et aucune utilisation d’intelligence artificielle « Il fallait qu’on fasse une reconstitution historique avec des décors, des costumes et des véhicules pour que l’histoire soit crédible. » Car derrière l’action, le message reste clair. « C’est un film sur la paix. C’est un film pacifiste, même si ça reste un film de guerre. » Le scénario est réalisé de sorte que tous les éléments soient « crédibles ». Ainsi, des historiens de La Poste et d’associations ont été consultés.
Un tournage en Moselle et dans le Grand Est

Le film a été tourné en Moselle, dans la Meuse et dans la Marne pendant sept jours et deux nuits, sans compter les répétitions. Le projet a demandé beaucoup de préparation. « C’est beaucoup de travail avec les producteurs et toute l’équipe. » Mais le réalisateur Hugo Becker confie que ce travaille monstrueux aurait mérité le double du temps en tournage.
Le film est produit par Laurent Helas de Nouvelle Donne Productions et Pierre-Emmanuel Fleurantin de Paprika Films, avec le soutien notamment du Centre national du cinéma et de l’image animée, de la Région Grand Est, de La Poste et de France 2. Mais le budget est resté limité « On arrive avec un financement qui représente à peu près le tiers de ce que le film aurait dû coûter. On doit donc trouver beaucoup de solutions. » Hugo Becker l’avoue « Je n’ai rien gagné mais cela reste une passion ! »
le film est tourné en noir et blanc, et au format 4/3 pour « créer un enfermement et retrouver un côté immersif. » Concernant le casting, le court-métrage réunit plusieurs acteurs connus comme Alexis Manenti, Jeanne Goursaud, Damien Jouillerot, Gilles Cohen et David Talbot.
« La Ligne de vie » : Un message pour aujourd’hui
Au-delà du cinéma, le film veut rappeler l’importance de la paix « L’idée de base était qu’il puisse être vu et qu’il permette de créer un dialogue et de participer à ce devoir de mémoire. » Pour le réalisateur, l’histoire de la guerre résonne encore aujourd’hui « L’actualité géopolitique est assez inquiétante. À travers un film sur la Première Guerre mondiale, on parle aussi d’aujourd’hui. »
Le public pourra découvrir « La Ligne de vie » lors d’une projection le 30 mars à 19h30 au Klubb à Metz et à 20h30 au Kinépolis de Saint-Julien-lès-Metz. Le réalisateur Hugo Becker sera présent pour échanger avec le public.
(Crédit photo : DR)
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