À Grosbliederstroff (Moselle), depuis le 24 mars 2026, les salariés de Fonderie Lorraine bloquent la production de leur usine de pièces automobiles. Après sept jours de piquet de grève, la mobilisation continue.
« On ne voit pas d’avenir pour le site », s’inquiète un délégué de l’intersyndicale (FO/CFDT/CGT/CFTC), lundi 30 mars 2026, au septième jour de piquet de grève à Grosbliederstroff (Moselle). Le bras de fer est tendu entre les salariés de Fonderie Lorraine et le propriétaire et unique client de l’usine : le groupe ZF Friedrichshafen AG.
D’après les syndicats, ils sont 90 % des quelques 350 salariés à bloquer la production de leur usine depuis le 24 mars. En cause, la baisse continue des commandes et des négociations autour d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui s’éternisent.
En Moselle, des commandes en berne et des négociations qui stagnent
« La politique de ZF, c’est de se désengager. Ils sont en capacité de faire tourner l’usine, mais ils préfèrent commander des pièces ailleurs », dénonce une source syndicale – qui choisit l’anonymat pour ne pas effrayer son futur employeur. Il insiste : « Les commandes baissent au fur et à mesure des années ».
On ne travaille que pour eux. Quand ils avaient besoin de nous, on était toujours là. On ne jette pas les salariés comme des chaussettes.
Un délégué de l’intersyndicale, à propos du groupe ZF
Alors face à un carnet de commandes qui se vide, les salariés préfèrent anticiper via un PSE. Lundi 30 mars, la direction a reçu l’intersyndicale, mais cette dernière dénonce des « réunions qui tournent en rond » depuis deux ans. Selon les syndicats, la direction assurerait aux salariés n’avoir « aucun pouvoir décisionnaire ». Les salariés mobilisés souhaitent désormais que le groupe ZF participe à ces négociations.
Les salariés déterminés à maintenir la production à l’arrêt
Pour l’intersyndicale, l’objectif de ce PSE est d’assurer un départ volontaire et « digne » pour les salariés souhaitant partir dès à présent et pour ceux qui souhaiteraient partir plus tard.
Jusqu’à quand l’usine sera-t-elle maintenue à l’arrêt ? « On ne va rien lâcher, on ne quittera pas le piquet de grève jusqu’à ce qu’on ait des garanties », assurent les salariés, déterminés à maintenir le rapport de force.


