En conférence de presse, le président Thierry Weizman et l’entraîneur de Metz Handball, Emmanuel Mayonnade, ont annoncé la prolongation de ce dernier au sein du club mosellan.
Il y a des prolongations qui se négocient, d’autres qui se font naturellement. Celle d’Emmanuel Mayonnade à Metz Handball appartient clairement à la seconde catégorie. Plus de dix ans après son arrivée sur le banc messin, le technicien poursuit l’aventure, comme une continuité presque naturelle d’un projet devenu référence en Europe.
Ce n’est pas un hasard si, au moment d’évoquer son entraîneur, le président Thierry Weizman laisse transparaître une forme de certitude : « Tant que Manu sera à Metz, je ne craindrai personne, quels que soient les groupes en face, quel que soit le recrutement. » Au fil des saisons, Mayonnade est devenu bien plus qu’un coach. C’est un pilier. « Il est l’argument principal au fait que certaines joueuses restent », confie même le président, allant jusqu’à révéler que certaines demandent contractuellement que leur engagement devienne caduc si l’entraîneur venait à quitter le club. C’est le cas notamment de la nouvelle recrue, de retour au club, Kristina Jorgensen. Un aveu de dépendance assumé, tant l’homme incarne aujourd’hui l’ADN sportif messin.
Pourtant, rien d’automatique dans cette fidélité. Emmanuel Mayonnade revendique depuis longtemps sa volonté de ne pas signer de contrat long. « Ce n’est tout sauf un choix par défaut », insiste-t-il. Lui préfère les engagements courts, par souci d’équilibre humain et sportif, conscient de l’exigence qu’il impose à son groupe : « Je ne peux pas arriver un jour et sentir qu’il y a un conflit profond avec mes joueuses. Ce jour-là, je serais capable de dire : on s’arrête là. »
Cette lucidité nourrit sans doute la longévité du tandem à la tête du club. Derrière la réussite sportive se cache une réalité plus difficile, que Thierry Weizman ne masque pas : celle de voir partir, saison après saison, des joueuses façonnées à Metz, révélées au plus haut niveau, mais impossibles à retenir financièrement. « C’est extrêmement compliqué psychologiquement de repartir à zéro à chaque fois », reconnaît-il, presque ému, en évoquant ces talents messins devenus stars ailleurs, notamment à Győr ou en équipe nationale lors de la dernière Coupe du monde.
Emmanuel Mayonnade le sait et le comprend. Former et transmettre, quitte à regarder ensuite ses joueuses briller sous d’autres couleurs. « Je préfère peut-être ne pas gagner une Ligue des champions et être encore là dans dix ou quinze ans », glisse-t-il, en référence à Vipers Kristiansand. Le coach est attaché à l’équilibre du club, à sa stabilité financière et à cette « vie autour de Metz Handball » qu’il juge essentielle.
Des offres et des sollicitations, le coach ne les nie pas. Mais il met en avant les conditions de travail idéales dont il bénéficie à Metz Handball, avec une structure saine, un public fidèle et une communauté forte. « Je me lève encore avec l’envie d’amener de la fraîcheur, de l’enthousiasme, de changer des choses », affirme-t-il.
Emmanuel Mayonnade est devenu, en quelque sorte, un vrai Messin, lui qui est présent depuis dix ans au club. « Avec cette prolongation-là, sauf catastrophe en cours de saison, j’aurai exercé plus longtemps à Metz que je ne l’avais fait dans le sud-ouest de la France. Donc c’est assez fou. Je ne l’aurais pas cru. » Une phrase sur laquelle le président Thierry Weizman rebondit aussitôt avec humour : « Souhaitons que tu ne puisses pas dire la même chose de ton prochain club par rapport à Metz ! », glisse-t-il avec le sourire.
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