spot_img
spot_img

Des policiers réservistes à bord des TER en Moselle

Des policiers réservistes patrouillent désormais dans les TER en Moselle pour renforcer la sécurité et lutter contre les incivilités.

Depuis ce jeudi matin, une nouvelle opération de sécurisation a été lancée à bord de deux trains TER en Moselle. Mais cette fois, il ne s’agit pas de la sûreté ferroviaire habituelle : ce sont des agents de la police nationale, issus de la réserve opérationnelle, qui patrouillent dans les rames et sur les quais.

Contrairement aux contrôleurs, ces policiers disposent de prérogatives élargies. Ils peuvent procéder à des contrôles d’identité, interpeller des individus et verbaliser directement des infractions, qu’il s’agisse de vols, d’agressions ou d’incivilités. Une différence notable, visible dès les premières heures de l’opération, notamment lors des vérifications d’identité. « Nous pouvons verbaliser à bord, on vient en appui des contrôleurs qui ont souvent besoin d’une présence lors d’un contrôle », explique Eric, plus de 30 ans dans la BAC avant de prendre sa retraite. L’objectif : assurer une visibilité mais surtout mettre un terme à une délinquance qui serait en hausse selon la SUGE, « beaucoup les week-end », constate les effectifs de la SNCF rencontrés sur les quais.

Une présence ciblée et régulière

En effet, à bord, certains usagers hésitent, tendent le titre de transport, mais les policiers expliquent la manoeuvre : « vous venez d’entendre l’appel dans les hauts-parleurs à la vigilance sur les pickpockets, c’est pour ça qu’on est là, on contrôle juste votre identité, pas votre titre ». D’autres voyageurs n’hésitent pas à venir demander à la patrouille de l’aider à retirer son vélo d’un compartiment, bloqué par des usagers endormis ou des poussettes. Benoît, ancien de la SNCF et désormais dans la réserve opérationnelle civile, se rappelle : « des fois, on aurait bien eu besoin d’une présence policière. Beaucoup savent que nous n’avons pas de pouvoir de police alors ils se permettent de nous insulter, de nous cracher dessus, et nous, on doit faire appel à la police et attendre, en espérant qu’ils soient accueillis comme il se doit en arrivant en gare ».

Le dispositif prévoit l’intervention de trois réservistes à bord des TER, environ trois fois par mois. A chaque patrouille, un ancien policier, et deux personnes de la réserve opérationnelle civile pour une complémentarité. Pour le lancement de l’opération, Florianne est une habituée du territoire, elle travaille à la police municipale. « Elle est aussi habitué des experiences en milieu fermé » précise Christophe Schitterer, major de police réserviste. Benoît est un ancien contrôleur, habitué des usagers. Le chef d’équipe, le brigadier-chef Eric, dispose lui d’une tablette pour verbaliser à bord. Au total, le département compte aujourd’hui 162 réservistes de la société civile et 65 anciens policiers. « Une quarantaine de volontaires viennent directement de la société civile, dont une quinzaine ayant déjà une expérience au sein de la SNCF ».

En Moselle, ils seront prioritairement déployés, dans un premier temps, sur les axes Metz–Thionville et Metz–Forbach, identifiés comme sensibles. A raison de trois rotations par mois, soit six à sept trajets. « Les policiers pourront aussi contrôler en gare, ils peuvent s’arrêter à Hagondange, rencontrer les guichetiers, les agents en quai, et repartir plus tard vers Thionville puis refaire un trajet inverse », explique le major.

Une réponse à des incivilités en hausse

Si le nombre de faits recensés reste relativement limité — moins de 250 incidents signalés dans les trains mosellans l’an dernier — les autorités évoquent une recrudescence des vols et comportements agressifs. L’objectif est donc clair : renforcer une présence visible, dissuasive et capable d’intervenir rapidement. Sur le terrain, cette nouvelle présence surprend parfois les usagers, peu habitués à voir des policiers en uniforme dans les trains régionaux. Mais elle s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurisation des transports publics.

Ces patrouilles viennent en complément des moyens déjà existants. Dans le Grand Est, près de 150 agents de sécurité interne à la SNCF (la Sureté ferroviaire) sont déjà mobilisés quotidiennement dans les trains et les gares. Par ailleurs, depuis l’an dernier, les forces de sécurité ferroviaire ont vu leurs pouvoirs renforcés, notamment en matière de fouilles et d’intervention, afin de mieux répondre aux situations à risque.

Entre 2021 et 2025, la région travaillait déjà avec la gendarmerie pour mettre en place des patrouilles de réservistes dans les trains et gares de la zone gendarmerie. Récemment, la SNCF a augmenté le nombre de caméras en gare dans le Grand Est et donné accès à ses flux de caméras au centre de surveillance de la métropole de Metz.

Reportage ce soir à 18h dans le journal de Moselle TV.

Jonathan Vaucher
Jonathan Vaucher
Journaliste Reporter d'Images / Référent politique / Présentateur

plus de contenus du même auteur

Nos derniers reportages