Jusqu’à fin septembre, des fouilles sont menées par les archéologues de l’INRAP à Hauconcourt au cœur d’un chantier unique sur plusieurs points.
En arrivant sur ce chantier à l’entrée de Hauconcourt, un novice ne verrait qu’un amas de terre, quelques morceaux de bois et de cailloux. Mais pour ces chercheurs passionnés, ce qui se dévoile à chaque passage de truelle et grattoir, est une véritable base de données pour en apprendre encore plus sur la fin du néolithique.
Ici, les premières fouilles avaient démarré en 2016. À l’époque, sur 30 hectares de terrain, plusieurs diagnostics sont positifs : le sol regorge de données pouvant intéresser les archéologues et notamment sous l’eau, dans les sols de l’ancien bras de la Moselle. Il faut donc fouiller et prélever tous les éléments, avant la future exploitation de la sablière par la société Heidelberg Materials.
C’est là que l’INRAP, Institut national de recherches archéologiques préventives, intervient. Pendant plusieurs mois, sur trois des cinq zones définies, des centaines d’éléments sont déterrés par les techniciens. Un chantier plutôt unique par sa taille, par la diversité des zones à fouiller mais surtout par la préservation des éléments, grâce au type de sol appelé tourbe (un mélange d’argile et de dépôts entre autres). Parmi les découvertes : du bois en très bon état, de la végétation en décomposition, des outils ou encore des morceaux de céramique.
Ici, nous avons un poteau en bois planté à la fin du néolithique final aux environs de
Laurent THOMASHAUSEN – Archéologue de l’INRAP
3 000 ans avant J.-C.
« La fouille d’un chenal avec des matériaux organiques, des aménagements et des bois conservés, c’est plutôt rare » nous explique Marie Frauciel, déléguée au directeur adjoint scientifique et technique de Lorraine. À terme, l’équipe d’archéologues aura la chance de dévoiler des structures liées à une activité fluviale, vraisemblablement datées de la période néolithique. Une découverte qui n’arrive pas tous les jours puisque la majorité des fouilles se font dans des zones dites terrestres. « Les zones humides sont des zones que nous fouillons très peu dans la région« .
« Là, on peut voir un poteau en bois qui a été planté à la fin du néolithique final aux environs de 3 000 ans avant J.-C. » montre Laurent Thomashausen, archéologue à l’INRAP. Un bois de structure très bien conservé grâce aux différentes couches de sol, auparavant décapées par les techniciens.
Une fois fouillée, la carrière sera exploitée pour son sable. Mais l’INRAP aura encore de longs mois d’analyse, d’études et d’assemblages devant lui. L’objectif : créer une documentation à partir de ces pièces, probablement datées de l’âge du bronze et de l’âge du fer.
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