En football, le CSO Amnéville essaie de repartir de l’avant. Durant les fêtes de fin d’année, le nouveau président du club, Ali Mecheri, a officialisé l’arrivée de son nouvel entraîneur : Romain Perfetto.
Longtemps aux commandes de l’APM Metz et sans club depuis 2022, le technicien Romain Perfetto revient sur le devant de la scène pour relever un défi majeur : maintenir le CSO Amnéville en Régional 1, le 6e échelon du football français.
Actuellement proche de la zone de relégation, le club mosellan traverse une période délicate. Projet sportif, effectif, objectif maintien, contexte économique : dans cette interview, Romain Perfetto se confie sur sa mission et sur les solutions envisagées pour remettre le CSOA sur de bons rails.
Comment vous sentez-vous après ces fêtes qui se terminent par une officialisation finalement assez surprenante ?
Surprenante, elle l’est pour tout le monde, je pense. Peu de personnes souhaitaient rejoindre le CSO Amnéville dans cette période compliquée. Le club traverse une crise, ce n’est pas évident, mais un nouveau comité a été désigné, avec un nouveau président et une nouvelle dynamique.
Le président Ali Mecheri a su me convaincre de rejoindre ce projet. C’est un projet d’ampleur, avec un vrai défi à relever. On se pose forcément beaucoup de questions : on l’a vu dès la reprise cette semaine avec un effectif assez réduit. On essaie de recontacter les joueurs, de reconstruire. Mais il y a un projet clair pour cette demi-saison : assurer le maintien de l’équipe A en R1.
Cela faisait quelque temps que vous n’aviez plus entraîné, depuis votre passage à l’APM jusqu’en 2022. Qu’est-ce qui vous a donné envie de replonger dans cette aventure ?
C’est avant tout l’envie d’entraîner. J’entraîne depuis l’âge de 18 ans, même avant avec les diplômes que j’ai passé très jeune. J’ai toujours été sur les terrains : équipes de jeunes, foot réduit, foot à 11, puis les seniors.
J’ai entraîné deux ans l’équipe réserve de l’APM, puis cinq ans et demi l’équipe première. C’est une passion, quelque chose qui m’anime profondément. Je savais que je reviendrais un jour. J’ai eu plusieurs propositions, plus ou moins intéressantes, mais Amnéville, ce n’est pas n’importe quel club dans la région. C’est un club qui a longtemps été le deuxième de Moselle derrière le FC Metz. Il a connu une période plus difficile, et aujourd’hui, ce dont il a besoin, c’est de stabilité. Je pense être là aussi pour ça : apporter de la stabilité et faire quelque chose de solide.
Quel a été le discours du nouveau président du CSO Amnéville pour vous convaincre de rejoindre le projet ?
Le discours était assez simple. Amnéville, tout le monde connaît. Tous les footballeurs de la région savent ce que représente ce club. Il y avait surtout une volonté forte de redonner une dynamique positive à l’équipe senior, afin de permettre au club d’avancer plus sereinement dans son ensemble.
Concrètement, quelles sont vos idées pour relancer le club ? Peut-on s’attendre à des changements dans l’effectif ou dans l’organigramme ?
Aujourd’hui, beaucoup de choses sont encore à redéfinir. Il n’y a pas encore tous les postes clairement attribués : secrétaire, fonctions précises au sein du comité… Tout est en construction.
Amnéville reste un club très suivi, avec de nombreux amoureux du maillot. Cette semaine était surtout consacrée à la reprise des entraînements. Désormais, nous allons entrer dans une phase de réunions, d’échanges avec les éducateurs, les joueurs et les membres du comité afin de mettre en place un plan structuré.
Comment s’est passée cette première semaine avec les joueurs, dans un contexte d’effectif réduit ?
La priorité est de constituer un groupe. J’ai toujours travaillé en faisant confiance aux jeunes du club, et cela a déjà été le cas cette semaine avec trois ou quatre joueurs mineurs intégrés au groupe senior.
L’effectif est très réduit et, à l’heure actuelle, je ne connais pas encore mon véritable groupe. Beaucoup de joueurs n’ont pas répondu aux convocations. Mon rôle est désormais de les contacter, de les remobiliser en leur présentant un projet clair.
Le dernier match, avec une lourde défaite face à Saint-Méziéry et beaucoup de joueurs U18 alignés, a laissé des traces. Certains cadres sont partis. On va tenter de sauver ce qui peut l’être, de concerner les joueurs présents en début de saison. Mais on reste dans le football amateur : on ne force personne. L’objectif est de construire un groupe motivé, c’est le travail de ces premières semaines.
On vous sent dans un rôle de “pompier de service” avec cet objectif maintien. Avez-vous déjà des idées de jeu ou de fonctionnement à mettre en place ?
La dynamique est simple : le maintien. Il faut responsabiliser les joueurs et leur faire comprendre qu’ils ont un rôle à jouer sur cette deuxième partie de saison.
L’équipe A est la priorité, même si la réserve est aussi en difficulté. Aujourd’hui, nous sommes à 12 points, en attendant une décision suite à un point perdu sur tapis vert. On estime qu’il faudra environ 22 points pour se maintenir.
Cela signifie quatre à cinq victoires sur les 14 matchs restants. C’est un objectif atteignable, même si le début sera compliqué. Le mois à venir est très relevé, avec notamment un déplacement chez un concurrent direct, Marnaval, le 25 janvier.
On ne sait pas encore avec quel effectif on ira là-bas, mais on ira, même à 14 joueurs s’il le faut, pour essayer de ramener un résultat ou au minimum ne pas perdre.
Le contexte économique et l’instabilité du club ces dernières années n’ont-ils pas été un frein pour vous ?
Je ne sais pas si je serai l’élément stabilisateur, mais je ne suis pas quelqu’un qui bouge souvent. J’ai fait toutes mes classes à l’APM et je suis resté fidèle à ce club pendant de nombreuses années.
Je ne suis pas dans une logique de carrière à tout prix. Je fais avec ce que j’ai et j’essaie de travailler du mieux possible. Aujourd’hui, j’ai signé une licence à Amnéville et je n’ai aucune raison de partir.
Mon objectif est de faire quelque chose de correct avec les moyens dont on dispose. Le financier prend une place importante dans le foot amateur, mais il y a encore beaucoup de passionnés et d’amoureux du club.
Le projet est avant tout à court terme : éteindre l’incendie, remettre de la stabilité. Le président fait preuve de courage en reprenant un club endetté, des plans sont mis en place pour assainir la situation. La mairie d’Amnéville soutient le club, ce qui est essentiel, et le président parvient également à attirer des partenaires.
Avec toutes ces forces, on va essayer de redonner une stabilité durable au CSO Amnéville.
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