Le Mosellan Frédéric Lipka vit aux États-Unis depuis une dizaine d’années et est vice-président et directeur technique en charge du développement des jeunes de la MLS, le championnat de football aux États-Unis.
De Rombas à New York, en passant par le FC Thionville ou l’AS Nancy Lorraine, Frédéric Lipka connaît désormais une destinée hors du commun outre-Atlantique. « Je voyage beaucoup, donc j’ai la chance maintenant de connaître un peu les États-Unis et les grandes villes du Canada. » Une aventure à laquelle il n’était pas forcément destiné : « Pour quelqu’un qui n’était pas forcément versé dans la langue anglaise, c’est culturellement très valorisant. »
Mais ce n’est pas de voyage qu’il est question avec Frédéric Lipka, mais plutôt de formation dans le football. Installé à New York depuis bientôt onze ans, le Mosellan est vice-président et directeur technique en charge du développement des jeunes de la MLS, le championnat de football aux États-Unis. Il est tourné vers la formation des éducateurs et des joueurs. « Mon rôle, c’est de guider la ligue et les clubs américains et canadiens à développer des jeunes, à améliorer la capacité des clubs américains à former des joueurs pour devenir professionnels. » Des objectifs de performance sur le terrain, mais aussi économiques, pour, à l’avenir, « vendre les joueurs vers les championnats les plus économiquement solides, qui sont l’Italie, l’Espagne, les grands championnats européens. »
« Il n’y a pas de bons étudiants si on n’a pas de bons professeurs »
Cette formation qu’il réalise au quotidien est « à peu près la même chose qu’en France. Les joueurs régionaux et locaux vont intégrer une académie MLS qui est gratuite, puisque le sport aux États-Unis est payant. Et après, au fur et à mesure de leurs performances et de leur progression, ils vont jouer dans notre équipe réserve puis intégrer notre équipe première. C’est vraiment très similaire à tous les pays qui veulent faire de la formation et qui ont plus ou moins calqué les bonnes pratiques sur les meilleurs pays européens, dont la France. » L’objectif est de former plus tôt les joueurs américains « pour qu’ils puissent être capables de jouer vers 18, 19, 20 ans, comme on le fait en France par exemple, et qu’ils puissent ensuite avoir une carrière un peu plus longue. »
Et pour façonner ces jeunes pépites, il faut un bon joaillier : le rôle des entraîneurs devient central. « Il n’y a pas de bons étudiants si on n’a pas de bons professeurs. » raconte le Rombasien. « Ma mission claire, c’est de développer les coachs, développer les compétitions, comment on fait en sorte que les compétitions s’améliorent et que le niveau de compétition s’élève. » Mais ce n’est pas tout : « On s’occupe aussi des standards, c’est-à-dire comment on améliore les académies, les normes médicales, l’aspect scolarité, tout ce qui fait qu’à un moment, un gamin va pouvoir évoluer à la fois sur l’aspect sportif, mais aussi social et éducatif dans sa structure. »
La formation ne suffit pas à développer le football aux Etats-Unis
Néanmoins, l’ancien footballeur remarque les limites culturelles du football aux États-Unis, appelé le soccer. « Le gros problème qu’on a, c’est que ce n’est pas le sport numéro un. » Entre le football américain, le baseball ou le basket, le football trouve difficilement sa place. « Un gamin, s’il a de grosses aptitudes athlétiques, j’ai bien dit athlétiques, pas techniques, va se diriger vers le football américain ou la NBA, qui sont les sports les plus intéressants financièrement et culturellement. »
lIONEL mESSI ?
« On le voit de partout ! »
Malgré le travail effectué aux États-Unis pour développer le sport du ballon rond, celui-ci reste au second plan. Mais depuis 2023, l’un des meilleurs joueurs du monde est arrivé en Floride : Lionel Messi. « On le voit de partout », plaisante Frédéric Lipka. « Les jeunes n’avaient pas forcément des maillots de la MLS et de Miami, mais aujourd’hui, beaucoup portent ces maillots. » L’Argentin « met un coup de projecteur sur tous nos clubs » et permet une meilleure exposition télévisuelle du championnat nord-américain. « En Argentine, en Amérique du Sud, en Europe, tout le monde regarde la MLS aussi, parce que Messi est là. »
Sacré pour la première fois de son histoire dans le championnat américain, le Miami de Lionel Messi et son championnat peinent toutefois à attirer des spectateurs. D’après de récents chiffres, la présence de l’attaquant ne suffit pas : en 2025, 21 988 personnes en moyenne venaient dans les stades pendant la phase régulière, contre 23 342 l’année précédente. Pas de quoi inquiéter les hauts dirigeants de la ligue américaine et de la FIFA. D’autant que les États-Unis préparent l’un des plus gros événements sportifs de l’année 2026. « La Coupe du monde va être une grosse réussite, on le sait déjà économiquement et au niveau médiatique », évoque Frédéric Lipka. « Ça va être un gros succès pour le foot, à la fois au Mexique, aux États-Unis et au Canada. » Le Mosellan y croit et commence à voir une petite émulation au sein du pays. « On espère que ça va être aussi un succès au niveau du jeu et au niveau culturel, qu’elle va être aussi accessible à tout le monde. »
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