Près de Metz, à Scy-Chazelles, se trouve une petite entreprise familiale qui a émerveillé Paris lors du feu d’artifice du dernier Nouvel An. Un savoir-faire exceptionnel, mais qui doit désormais évoluer face à de nouvelles contraintes.
L’avenir s’assombrit pour les artificiers. De plus en plus souvent, des arrêtés d’annulation sont pris pour garantir le bien-être de la faune. De même, face au dérèglement climatique et aux sécheresses récurrentes, les mises à feu font à présent craindre des départs d’incendies.
Matthieu Infanti, gérant d’Aquarêve, une TPE familiale d’artificiers à Scy-Chazelles, a déjà connu l’interdiction de plusieurs de ses feux d’artifices : « En 2023, on a eu un arrêté sécheresse qui est tombé le 10 ou 11 juillet, ce qui nous a empêchés de réaliser une partie de nos spectacles qui étaient prévus. Il n’y a pas d’assurance dans ce cas-là, c’est une perte qui est assez considérable. »
Drones, mapping, fusées silencieuses… Pour qu’Aquarêve survive, Matthieu s’est équipé de nouvelles technologies. Une solution pour que les rendez-vous culturels gratuits du 14 juillet puissent continuer de réunir les Français.
Les artificiers mosellans qui ont illuminé Paris
La soirée du Nouvel An est l’autre rendez-vous annuel majeur pour les artificiers. Évidemment, en France, celui de Paris est l’un des plus prestigieux. Pour l’édition 2025, c’est les Mosellans d’Aquarêve qui ont été choisis pour l’organiser.
« C’est magique, il n’y a pas d’autre mot. C’est un aboutissement pour nous, c’est le Graal », sourit Dominique Infanti, fondateur d’Aquarêve et père de Matthieu, ému devant les images des Champs-Élysées illuminés de ses feux d’artifice.
Pour lui, ce Nouvel An à l’Arc de Triomphe était inespéré. Fondateur de cette entreprise d’artificiers, c’est en 1985, alors manipulateur radio, qu’il a le déclic en prêtant main forte sur un spectacle pyrotechnique.
Un savoir-faire qui s’exporte à l’étranger
Dominique Infanti se remémore les moments clefs de sa carrière d’artificier : « En 2015, nous avons fait un spectacle sur le plan d’eau de Metz, à l’occasion du 14 juillet. Pour nous, c’était déjà une consécration. Et en 2019, nous avons commencé à partir à l’étranger. »
Les commandes se succèdent et la société Aquarêve gagne ses lettres de noblesse lors de prestations réalisées au Mexique, en Espagne, ou encore au Canada. Une consécration due à un savoir-faire exceptionnel.
Comment peindre dans le ciel ?
Comment, concrètement, arrive-t-on à peindre de telles toiles dans le ciel ? Pour créer chaque tableau – chaque scène d’un spectacle pyrotechnique – il faut d’abord choisir une musique, puis imaginer une composition avec les feux d’artifice et autres agréments.
Une fois l’idée du tableau en tête, impossible de la vérifier avec des tests grandeur nature, ce serait trop onéreux. Axel Reibel, technicien à Aquarêve, explique : « On va injecter ces idées sur un logiciel pour voir si ça rend bien. Nous utilisons un logiciel qui nous permet de visualiser en 3D et en temps réel ce qui va se passer dans le ciel lors du spectacle. »
Quatre salariés œuvrent en permanence dans les locaux d’Aquarêve, mais selon les commandes, cette équipe peut accueillir jusqu’à cent artificiers.



