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À Thionville, un appartement éloigne les auteurs de violences conjugales de leur victime

Face à la hausse des affaires de violences conjugales, la justice expérimente à Thionville un dispositif inédit : un logement temporaire pour les auteurs, afin de protéger les victimes tout en favorisant la réinsertion.

À Thionville, un appartement discret joue un rôle clé dans la lutte contre les violences conjugales. Ce logement temporaire accueille des auteurs condamnés ou en attente de jugement, contraints de quitter le domicile conjugal. Un appartement meublé de trois pièces, que l’auteur de violences loue selon ses revenus, soit un dixième de son salaire. L’objectif est double : garantir la sécurité des victimes et éviter la précarisation des auteurs, souvent sans solution d’hébergement.

Mis en place par le tribunal et l’Association Est Accompagnement, ce dispositif répond à une réalité préoccupante : le nombre d’affaires a fortement augmenté ces dernières années, passant de 200 affaires par an il y a cinq ans, à 900 actuellement. Sans alternative, certains auteurs dorment dans leur voiture, une situation qui peut accentuer les tensions et compliquer les démarches des victimes.

Sur place, les bénéficiaires signent un contrat d’engagement. Ils sont accompagnés par des travailleurs sociaux, participent à des groupes de parole et entreprennent des démarches pour retrouver un logement et un emploi. L’hébergement, limité à quelques mois, se veut une étape de transition.

Financé en partie par des fonds issus de la lutte contre le trafic de drogue, ce dispositif reste unique en Moselle. Il pourrait toutefois inspirer d’autres initiatives, alors que les besoins ne cessent de croître et qu’en France, quelque 272 400 victimes de violences conjugales ont été enregistrées en 2024. 

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