Depuis la réforme territoriale de 2015, la question revient régulièrement dans le débat public : l’Alsace doit-elle quitter la région Grand Est pour redevenir une région à part entière ?
La création de la région Grand Est, issue de la fusion de l’Alsace, de la Lorraine et de la Champagne-Ardenne, n’a jamais fait l’unanimité. En Alsace, de nombreux élus et habitants ont mal accepté cette nouvelle organisation. Ils estiment que cette grande région dilue une identité historique forte, construite autour d’une culture, d’un droit local spécifique et d’une position frontalière stratégique.
Cette question est discutée depuis ce mardi à l’Assemblée nationale. La proposition de loi vise à simplifier le mille-feuille territorial en créant une nouvelle région Alsace. Ce texte vise à accroître les compétences de la Collectivité européenne d’Alsace et prévoit de lui donner la gestion des prérogatives régionales, en plus de ses prérogatives départementales.
Des positions politiques nuancées
Sur le plan politique, les positions divergent. Franck Leroy, président de la région Grand Est, défend le maintien de la région telle qu’elle existe aujourd’hui. Il met en avant la cohérence économique et la capacité d’action d’un territoire élargi. « L’Alsace serait alors la plus petite région de France et n’aura pas les moyens de soutenir un développement comme elle en soutient un aujourd’hui. Quand il y aura un milliard et demi de travaux à faire pour changer les trains et pour moderniser le système ferroviaire en Alsace, et c’est imminent, il va de soi qu’il va falloir à côté de soi une puissance importante », s’est exprimé Franck Leroy.
Le député Belkhir Belhaddad et le sénateur Michaël Weber ont annoncé eux aussi s’opposer à ce texte. Belkhir Belhaddad a d’ailleurs déposé une motion de rejet à l’Assemblée, qui n’a pas été adopté.
À l’inverse, certains élus plaident pour une sortie de l’Alsace du Grand Est. Parmi eux, le Rassemblement national. Laurent Jacobelli, député de la Moselle et conseiller régional du Grand Est, a assuré que son parti voterait pour le texte. Autre soutien : le président du groupe Renaissance, Gabriel Attal.
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