À la rentrée prochaine, le campus Arts et Métiers de Metz lance une formation dédiée à la décarbonation industrielle. Un enjeu stratégique pour l’avenir économique du territoire. Explications.
Pourquoi avoir fait de la décarbonation industrielle une priorité ?
Stéphane Fontaine, directeur du campus Arts et Métiers de Metz : « Plus qu’une priorité locale, c’est un enjeu national pour notre école. Les Arts et Métiers sont implantés sur 13 sites en France et un à l’international. Notre mission est de former tous les talents pour une industrie responsable, tout en menant des recherches dans des domaines stratégiques. Nous travaillons avec tous les secteurs industriels : automobile, sidérurgie, santé ou encore défense. Notre recherche est appliquée, elle permet de lever des verrous technologiques et d’apporter directement ces connaissances aux étudiants. Si la décarbonation est aujourd’hui au cœur de notre stratégie, c’est parce que notre école accompagne chaque révolution industrielle depuis sa création en 1780 : mécanisation, électrification, automatisation, digitalisation… et désormais décarbonation. »
Concrètement, quel est l’objectif de cette formation “matériaux et énergie décarbonée” ?
« Nous formons principalement des ingénieurs, mais nous avons aussi une responsabilité territoriale. Une étude menée avec Grand Est Développement a montré un besoin fort en techniciens supérieurs. Cette nouvelle formation s’adresse donc à des étudiants titulaires d’un bachelor. L’objectif est de répondre aux besoins des industriels avec deux profils complémentaires : des ingénieurs pour concevoir et piloter les transformations des techniciens supérieurs pour les mettre en œuvre sur les lignes de production. »
Des candidatures déjà nombreuses
Une formation qui sera accessible en alternance…
« Oui, et c’est un point essentiel. L’apprentissage répond à une demande forte des entreprises. Il permet aussi de maintenir les jeunes sur le territoire. Les études montrent que les étudiants formés en alternance restent plus facilement dans les entreprises locales après leur formation. C’est aussi un levier social important, qui permet de toucher des profils qui ne passent pas forcément par les classes préparatoires.
Vous travaillez d’ailleurs directement avec les industriels ?
« Absolument. Cette formation a été construite avec Vinci Energies et ArcelorMittal Global R&D, basé à Maizières-lès-Metz. Les secteurs de la sidérurgie, de la métallurgie et de l’énergie sont en pleine transformation. Après avoir décarboné les usages, comme avec l’électrification des véhicules, il faut désormais agir sur les matériaux et les procédés de fabrication, qui représentent une part majeure des émissions. »
Peut-on déjà mesurer un engouement ou une demande forte pour ces cursus ?
« Nous avons présenté la formation lors de salons à Metz, Nancy et Strasbourg, ainsi qu’à travers des webinaires. Les candidatures sont déjà nombreuses. L’apprentissage attire, tout comme notre approche pédagogique. Aux Arts et Métiers, nous combinons théorie et pratique grâce à notre usine-école, appelée “Evolutive Learning Factory”. Les étudiants peuvent appliquer directement leurs connaissances sur des équipements industriels. Autre point fort : plus de 400 heures de cours sont assurées par des professionnels, directement issus de l’industrie. »
Retrouvez l’interview en intégralité dans le replay de Moselle Info du 27 mars 2026.


