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« J’ai grandi avec ce meeting » : Yann Schrub raconte son attachement à Athlélor

À quelques jours du meeting indoor Athlélor de Metz, Yann Schrub peaufine sa préparation. De retour de Floride, le Mosellan évoque la gestion de la fatigue, son attachement à ce rendez-vous messin et la ferveur du public local.

Yann, te revoilà ici à l’anneau de Metz, à quelques jours du meeting Athlélor…
Yann Schrub : Je fais ma dernière petite séance en salle avant le meeting de dimanche. C’est une séance de répétition d’allure, ce qu’on appelle plutôt de la VMA, mais sur des distances assez courtes, des 300 mètres seulement, pour ne pas être trop fatigué pour dimanche.
Il y aura aussi un peu de jeu, parce que je reviens d’un gros stage d’un mois en Floride. J’ai beaucoup travaillé, je suis bien fatigué, j’ai encore un peu le décalage horaire. Il faut donc faire très attention à ne pas trop en faire, juste remettre du rythme sans s’épuiser.
Ce sera quasiment ma seule séance en salle avant le meeting, puisque je n’étais pas là en janvier. La piste indoor est particulière : 200 mètres, des virages relevés… Ça permet de se réhabituer à la salle, à l’ambiance, à l’air, qui est différent, et à la gestion des virages, avec la diminution de la fréquence de foulée. C’est vraiment une dernière répétition.

Justement, comment on adapte son emploi du temps quand on a des stages à l’étranger, des compétitions ciblées depuis longtemps, et un travail à côté ?
En fait, je coche des dates bien précises. Pour l’hiver, j’en ai trois. À partir de là, mon coach construit un programme d’entraînement rétroactif. La dernière semaine est plus allégée, et tout ce qu’il y a avant est plus chargé, en kilomètres et en qualité. Plus on se rapproche de l’échéance, plus on augmente la qualité et on diminue la quantité.
À côté de ça, avec le boulot, on s’adapte. Tout le mois de janvier, j’ai pu me libérer, maintenant que j’ai terminé mes études. Ça me permet de faire de gros stages, de m’entraîner deux fois par jour, de faire beaucoup de kilomètres et de consacrer le reste du temps au repos.
En Floride, par exemple, je n’ai quasiment rien visité. À part un match de NBA le soir, je n’ai rien fait d’autre que me reposer, même pendant mes journées off. Le corps est très fatigué après l’entraînement. Passer une journée entière à Disney, debout dans des files d’attente, ce serait encore plus fatigant. C’est un peu le revers de la médaille : on est dans des endroits magnifiques, mais on ne peut pas vraiment en profiter.

Dimanche, ce sera donc Metz. Courir à domicile, ça change quoi pour toi ?
C’est le plus gros meeting que je dispute à domicile. C’est quand même l’un des plus gros meeting indoor du monde, le deuxième en France. Le meeting de Metz, organisé par Dom’ (Dominique) Abisse, j’y viens quasiment tous les ans depuis 8 à 10 ans.
Au début, je courais les séries régionales. Petit à petit, j’ai progressé, et aujourd’hui je peux viser autre chose : la gagne déjà, mais aussi, doucement, des records. Dom’ fait en sorte que la course s’y prête : il y aura des lièvres, des lièvres lumineux, tout est mis en place.
Et puis surtout, ça permet de faire venir ma famille, mes proches, des gens qui ne peuvent pas se déplacer très loin, comme mes grands-mères. Dom’ m’a réservé une soixantaine de places, ils seront au bord de la piste. Courir une course de très haut niveau, chez moi, à trois kilomètres de mon appartement, devant tous ceux qui n’ont pas pu venir me voir ailleurs, c’est une opportunité rare. Tout est réuni.

Tu viens ici depuis une dizaine d’années… Tu as une anecdote, un souvenir marquant de tes débuts au meeting de Metz ?
Les premières fois, j’étais spectateur. J’étais très jeune. Le meeting se faisait sur la piste à côté de Saint-Symphorien. À l’époque, il y avait Bob Tahri, notamment sur le 3000 steeple, quand il avait battu le record d’Europe. Pour moi, c’étaient des idoles, des niveaux totalement inatteignables.
Aujourd’hui, je me retrouve un peu dans cette position : à domicile, devant mon public. Je ne vise pas le record d’Europe, évidemment, mais j’ai un niveau de médaille européenne. Ici, les gens crient plus mon nom que celui des autres. Je crois d’ailleurs que je serai le seul Français dans la course.
Entendre son prénom résonner comme ça, c’est hyper motivant. J’ai vécu ces moments de l’autre côté, en tribunes, et maintenant je les vis sur la piste. Même si ce meeting n’a pas une énorme influence sur la suite de ma saison car je vais enchaîner avec des 10 km et des 5 km, humainement, c’est extraordinaire.
Faire une performance ici, devant sa famille et ses proches, ce n’est pas comparable à Boston ou ailleurs. Là-bas, on peut aller plus vite, mais on est seul. Ici, il y a la ferveur, le souvenir humain. L’an dernier, je n’ai pas réussi ce que je voulais faire, mais ce n’est pas grave. Ce qui compte, c’est de tenter. Et j’ai envie de tenter ici.

Quel est l’objectif que tu t’es fixé pour dimanche ?
Je cours le 3000 mètres, en fin de programme. L’objectif, c’est environ 7 min 30, qui correspond au record de France établi par Jimmy Gressier l’an dernier. Tout sera mis en place pour partir sur ces bases-là avec un lièvre lumineux réglé sur 7 min 30 et deux lièvres physiques.
Est-ce que j’y arriverai ? On ne sait pas, l’avenir le dira. Mais au moins, pour le public, c’est très lisible : si je suis derrière la lumière, je ne suis pas sur les bases du record, si je suis devant, je le suis, voire mieux. Et pour moi aussi, c’est un vrai confort : pas besoin de calculer à chaque tour.

Le meeting Athlélor sera à suivre en direct sur Moselle TV, partenaire de l’évènement, le dimanche 8 février.

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Mattéo Philipp
Mattéo Philipp
Journaliste Reporter d'images

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