La liste « Metz Ensemble » se lance dans la campagne municipale pour Metz en mars. Elle sera menée notamment par le député messin Ludovic Mendes.
Sans surprises, le groupe Fabert s’est dévoilé ce jeudi à Metz, au café Le Lancieu. Soit à moins de 10 mètres de la permanence du député Ludovic Mendes. Ce dernier est apparu autour de ses colistiers, annonçant le nouveau nom de son groupe : Metz Ensemble. Et une idée : « le changement c’est maintenant (en vrai) ». L’axe fort de cette campagne, ce sera le collaboratif et la démocratie. Pour cela, l’actuel député apparenté Renaissance explique présenter une liste transpartisane, voire apolitique. Autour de lui, Zoe Perrin (militante des Jeunes En Marche), Selima Saadi (ancienne adjointe PS de Dominique Gros) ou encore Violeta Moskalu (présidente de l’association Échanges Lorraine Ukraine).
« En l’état, on trouvait qu’il n’y avait pas d’offre politique. Les partis sont tous dans des dogmes ou cherchent des alliances avec les autres. Nous on veut prendre un risque », dit Ludovic Mendes. Le risque, c’est de ne « pas parler à un électorat ‘de gauche’ ou ‘de droite’ mais à tous les Messins ». Et pour cela, l’idée de la concertation publique, déjà entendue sur les autres listes, est lancée. Mais pour le député, rien à voir. « Nous ne sommes pas dans des promesses », explique-t-il. « Nous sommes dans un renouveau de démocratie (…) nous voulons parler à la majorité, à tout le monde ». Le groupe Fabert a déjà consulté les citoyens via des réseaux sociaux depuis des mois, « on continuera pendant la campagne et après », poursuit l’élu. Avec un exemple concret : si le maire a un projet de quartier, après l’appel d’offre, il mettra à disposition des citoyens les différents dossiers et les Messins choisiront. Si le programme est en grande partie ficelé, la collaboration est prônée avec les citoyens.
« Casser les codes »
Néanmoins, le programme tournera autour de cinq blocs programmatiques : le pacte social (culture, sport, école…), le pacte écologique (« avec une écologie positive et non punitive »), le pacte de sécurité, le pacte démocratique et le pacte économique. Il y aura aussi une volonté de se rapprocher de l’Europe et de redonner une place de choix à Metz, et son « histoire très particulière » sur le plan national voire international. « Je sais ce qu’est être citoyen européen, dit Violeta Moskalu. Nous avons besoin de communauté, de démocratie, c’est ce qui devrait être au coeur de tous nos débats. Les étrangers, c’est un enrichissement ».
« Il faut de l’audace, il faut casser les codes », exprime de son côté Selima Saadi. Comme elle, d’autres encartés se rassemblent sur la liste, « même si certains ne se montreront pas », sourit Ludovic Mendes. Mais 90% des colistiers seront sans étiquette, selon lui. Pendant sa conférence, le député macroniste a d’ailleurs multiplié les esquives sur son appartenance politique. La liste n’a pas de parti. Son porte-parole ne veut plus être « le suiveur » d’un groupe politique mais l’acteur. La liste ne présente aucune tête officielle. La liste n’a aucun candidat officiel à la place de maire. Avec une raison à chaque fois : « on veut changer de modèle ». Dans le discours, elle a tout de même une tendance centriste, prône la social-démocratie comme les différentes listes de gauche, la redistribution de richesse, la place de la femme, se veut europhile et « garde la porte ouverte » à tous ceux qui veulent venir « sauf RN et LFI ». Ludovic Mendes, qui abandonnera son mandat de député en cas d’élection, se range du côté de l’idée populaire que le citoyen est « déçu par les politiques, par le politique ». Et donc, le programme disruptif ne doit pas être l’apanage des extrêmes.



