Mardi 20 janvier 2026 s’est tenu le dixième salon de l’intérim spécial Luxembourg, à Yutz (Moselle). Plus de 3 500 postes en intérim y étaient proposés, mais dans quels secteurs espérer décrocher un contrat ?
« Bonjour, c’était pour déposer mon CV », se présente Yamine, s’asseyant à la table d’une agence d’intérim. À 18 ans, ce Français se prépare à découvrir la vie transfrontalière. Pas par choix, mais par dépit.
Titulaire d’un certificat professionnel dans la petite enfance. Yamine cherche à se réorienter dans la logistique. Mais après cinq mois infructueux, le Messin pousse ses recherches jusque de l’autre côté de la frontière.
Avec ses salaires mirobolants, le Luxembourg peut ressembler à un Eldorado. Pourtant, tout n’est pas tout rose pour les transfrontaliers. Suite à de récentes négociations avec le Grand-duché pour améliorer le quotidien de ces travailleurs, une délégation ministérielle française avait déploré « des résultats pas à la hauteur ».
Intérim au Luxembourg, une solution pour les Français ?
Demandeur d’emploi depuis cinq mois, Yamine Ighilameur se désole : « Actuellement en France, c’est très compliqué de trouver du travail. Je pense que, pour tous les Français, ce n’est pas évident. »
Contemplant la foule de candidats français autour de lui, il commente : « Alors c’est pour ça qu’on vient, tout le monde essaie de se déplacer, tout le monde essaie de venir : tout le monde essaie de trouver du travail. »
Ainsi, pour Yamine et les 1 500 Français espérant décrocher un contrat lors du salon de l’intérim de Yutz, mieux vaut connaître l’état actuel de ce marché.
Prendre en compte la saisonnalité des secteurs
Mickael Bodeving, consultant senior pour l’agence Adecco à Luxembourg, éclaire sur les secteurs porteurs du moment : « Le secteur de la restauration a toujours pas mal d’engouement, tous les métiers de service, globalement. De plus en plus, le secteur médical aussi, qui est quand même en pénurie, notamment sur des profils comme les aides-soignants ou les infirmiers. Il y a un vrai, vrai besoin sur Luxembourg. »
Dans un stand voisin, Nathan D’Aversi, consultant pour Randstad à Esch-sur-Alzette, met en avant la prise en compte de la saisonnalité : « Le domaine de la logistique connaît un petit creux sur les mois de janvier-février, avec un départ à partir du mois de mars. Dans le domaine de la production, je sais que mes collègues ont régulièrement de la demande. Eux, c’était l’inverse : sur la fin de l’année, c’était très calme pendant les fêtes, puis il y a eu une reprise directe sur la première semaine de janvier. »
Des contrats qui peuvent évoluer en CDD ou en CDI
Historiquement, le secteur du BTP au Luxembourg recrutait à tour de bras en intérim. Suite à la crise du bâtiment au Grand-duché, il y a une reprise d’activité cette année.
Pour Marc Lebrun, président de la FEDIL Employment Services (F.E.S.), cette reprise d’activité s’accompagne d’une nouvelle demande d’intérimaires : « Et donc forcément, les gens qui étaient dans ce secteur-là [lors de la crise] ont décidé de se tourner vers d’autres secteurs d’activité. Puis, quand l’activité repart, on est obligés de trouver de nouveaux talents. »
En 2025, plus de 1 800 intérimaires ont signé un CDD ou un CDI au Luxembourg en passant par l’une des agences membres de la F.E.S., fédération organisatrice de ce salon.



