À Pontpierre près de Faulquemont, le site de forage suscite désormais l’intérêt au-delà des frontières françaises. Le ministre belge de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale, Jean-Luc Crucke, s’est rendu en Moselle. Objectif : s’inspirer du savoir-faire français pour, à terme, explorer cette ressource naturelle également présente en Belgique.
Sous nos pieds se trouve le puits le plus profond du monde. À 3 655 mètres sous terre, cette plateforme située à Pontpierre a permis de confirmer la présence d’hydrogène naturel dans le sous-sol mosellan. Reste désormais à confirmer son potentiel. D’après les dernières estimations, la consommation mondiale d’hydrogène pourrait atteindre 2,5 millions de tonnes par an d’ici quatre ans. Le gisement lorrain, lui, pourrait contenir jusqu’à 34 millions de tonnes d’hydrogène blanc, ce qui en ferait le plus grand gisement au monde. « On ne va pas prélever dans le sous-sol, on va juste récupérer une molécule H2 d’hydrogène blanc sans du tout déstructurer le sol, puisqu’on n’ira pas chercher de l’eau. Il n’y aura pas ensuite de valeur ajoutée à la surface. Il y aura extraction et, à partir de l’extraction, distribution. » décrit Patrick Weiten, président du Conseil départemental de la Moselle.
La réalisation d’un puits de cette ampleur représente plus de 10 millions d’euros d’investissement et mobilise une quarantaine de personnes durant la phase de forage. De nouvelles opérations vont désormais être menées pour mesurer l’étendue du gisement, mais surtout pour mieux comprendre les enjeux liés à cet hydrogène naturel et préparer une éventuelle exploitation « En effet, ce sont des programmes de recherche ambitieux pour essayer de mettre toutes les chances de notre côté pour arriver à cette phase d’exploitation, ou du moins de valorisation de cette ressource. L’objectif, c’est de la mettre à disposition d’un plus grand nombre de consommateurs le plus rapidement possible et dans un cadre réglementaire défini. » raconte Antoine Forcinal, directeur général de La Française de l’Énergie.
De l’hydrogène blanc au-delà de la Lorraine
Près de 60 échantillons ont été prélevés au cours du forage. Ils ont permis à l’entreprise de localiser plusieurs zones où la présence d’hydrogène naturel a été détectée. Un potentiel qui pourrait également s’étendre à une partie du Luxembourg, de l’Allemagne et de la Belgique. « On s’échange des informations, on n’est pas en train de se dire : on cache ça, on ne sait pas. Et je crois que ça, c’est la preuve qu’on sait qu’on vit un moment crucial dans cette Europe. Nous devons sortir de l’énergie fossile. La cinquième crise de l’énergie fossile, on voit bien ce que c’est avec la crise en Iran. Si nous voulons être autonomes en Europe, c’est une des manières, pas la seule, de pouvoir l’être. » explique Jean-Luc Crucke, ministre fédéral belge du Climat et de la Transition environnementale.
La Française de l’Énergie souhaite désormais commercialiser cette molécule au plus vite. Après la phase d’exploration, l’objectif est désormais clair : obtenir rapidement le permis d’exploitation afin de concrétiser ce projet ambitieux.
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