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Coût de la rentrée 2025 : quand étudier rime avec précarité 

La fédération étudiante de Lorraine (Fédélor) a publié, comme chaque année, son indicateur du coût de la rentrée, en regroupant l’ensemble des dépenses des étudiants. En 2025, le budget nécessaire pour entamer l’année dépasse 2 519,02 euros. Trop élevé pour joindre les deux bouts ?

L’année risque d’être très longue pour les étudiants. L’un des principaux problèmes, comme depuis quelques années, reste l’aspect financier, principale cause de l’abandon scolaire pour les étudiants. D’après les chiffres* de Fédélor, près de 20 % des étudiants ne mangent pas à leur faim, un chiffre alarmant. Plus d’un étudiant sur cinq ne mange pas à sa faim, avec en moyenne trois repas sautés par semaine. En cause, l’inflation, les prix des produits alimentaires ont augmenté de 1,4 %, déclare l’Unef dans son enquête. La présence de restaurants universitaires (CROUS) ne suffit pas, car ils sont rapidement saturés aux heures de pointe. « Je subis la précarité étudiante notamment sur la nourriture, les prix ont vachement augmenté. Le Crous est seulement ouvert les midis donc le soir c’est assez compliqué », déclare Soléane, étudiante en Master 2. 

Plus de 100 000 étudiants vivant dans des zones éloignées des restaurants universitaires restent confrontés à une précarité alimentaire persistante. Ce qui oblige les étudiants à se diriger vers des supérettes de quartier, là où les prix sont plus excessifs. « Chaque année, on constate que l’inflation du coût de la vie devient de plus en plus catastrophique.  C’est un étudiant sur deux qui est obligé de travailler à cote de ses études. Ça diminue bien évidemment les chances de réussite. Un étudiant à 50% de risque d’échec en travaillant en parallèle de ses études. C’est un étudiant sur deux qui dit sauter des repas car il ne peut pas manger à sa faim », précise Célia, étudiante et militante à l’UNEF.

Quand se loger devint un défi

Avec un loyer moyen de 550 euros en Moselle, le loyer occupe également une place très importante dans le budget des étudiants. Les hausses sont marquées à Metz (+3,45 %), à Forbach (+5,44 %) ou bien même à Lunéville (+7,22 %). La pénurie de logement social (CROUS) pousse les étudiants à se diriger vers des logements privés, plus onéreux. L’assurance habitation représente, elle aussi, un poste de dépense non négligeable pour les étudiants. Son coût minimum s’élève désormais à 87,11 euros, soit une hausse de 5,70 %. Selon l’Unef, les charges dans les résidences CROUS ont également connu une hausse à hauteur de 1,72 %. « Au niveau des logements, c’était très compliqué de trouver un appartement et j’ai du cumulé les travailles pour pouvoir me permettre de prendre un appartement », s’exclame Soléane.

Sur le plan sanitaire, la situation est tout aussi critique. En 2025, plus de 40 % des étudiants bénéficiaires de l’aide alimentaire renoncent à se soigner, faute de moyens. Dans certaines villes plus reculées en Lorraine, consulter un médecin devient un réel parcours du combattant.

*Chiffres recueillis dans l’indicateur du coût de la rentrée des étudiants lorrains en 2025, réalisés par la Fédération Étudiante de Lorraine.

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